Avec les Français, sachez utiliser votre culture méditerranéenne !

Connaître et s’adapter aux us et coutumes de la culture de l’autre est primordial si on veut faciliter la communication et éviter de nombreux malentendus. On ne calcule plus le nombre de contrats n’ayant finalement pas été signés en raison d’une incompréhension interculturelle des deux parties –incompréhension liée souvent à« un point de détail »qui prend soudainement une importance démesurée.

Mais il ne s’agit pas d’oublier nos habitudes pour « singer » celles de l’autre ; il faut aussi savoir rester naturel et utiliser à bon escient les préjugés de l’autre sur de notre culture.

Question relations humaines, le Français a par exemple un a priori positif vis à vis des Méditerranéens. Il suffit qu’un Italien ou un Espagnol le tutoie ou lui touche le bras pendant la conversation pour qu’il s’étonne avec ravissement de leur chaleur humaine et qu’il pense : « Tout de même ! Ces Espagnols/Italiens, ce qu’ils sont sympathiques ! et comme tout est facile avec eux ! »(et il oubliera complètement qu’un compatriote ayant eu la même attitude l’aurait offusqué !).

N’ayez donc pas peur d’avoir recours à ces moyens pour mieux approcher votre interlocuteur et instaurer un climat de confiance lors d‘une négociation : feignez d’oublier que vous savez le vouvoiement obligatoire, faites comme dans votre langue, tutoyez-le ; ce qu’il n’acceptera jamais d’un compatriote sera accueilli avec enchantement si c’est vous. Il s’agit simplement de ne pas dépasser la limite de l’acceptable pour votre interlocuteur. Une écoute active et un peu d’intuition devraient vous permettre d’y parvenir.

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Offrir du muguet le 1er mai

Parce qu’il sent bon, qu’il se compose de clochettes (les cloches ont toujours été reliées à la chance) et qu’il était relativement raredans les sous-bois, le muguet s’est progressivement imposé comme la végétation porte-bonheur.

A la fin du XIXème siècle, un mouvement de grève secoue Chicago venant d’ouvriers qui réclament les 8 heures de travail quotidien.  En mémoire de cette journée de revendication, la IIème internationale socialiste à Paris, qui s’était réunie en l’honneur du centenaire de la Révolution Française, fait du 1er mai un jour de lutte mondiale pour la journée de 8 heures. Cette journée va être consacrée aux revendications syndicales dans les pays industrialisés. En France, le président Vincent Auriol en fera un jour chômé en 1947.

Les ouvriers avaient pris l’habitude de mettre à leur boutonnière un triangle rouge rappelant la division du travail (8h de travail, 8h de sommeil et 8h de loisir) à l’occasion du 1er mai. Ce triangle a ensuite été remplacé par une fleur d’églantine rouge. La fortune du muguet étant liée au 1er mai, les ouvriers ont décidé en 1907 de s’en emparer. Désormais, ils porteraient le muguet à la boutonnière.

Le 1ermai, tout le monde a le droit de vendre des brins de muguet : il suffit pour cela d’être à 40 mètres d’un fleuriste.

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Le piston : un bon moyen d’obtenir un avantage !

En France, comme partout dans le monde, il est possible d’entrer dans une entreprise par piston (expression familière). L’image est assez parlante : vous obtenez un poste grâce à un appui qui, comme le piston, vous soulève en quelque sorte pour mieux vous distinguer du lot des candidats. On vous dira alors que vous êtes pistonné (ce qui peut être péjoratif si vous n’êtes pas très compétent…).

« Tu ne vas pas me dire que ton beau-frère est entré dans l’entreprise où tu travailles uniquement grâce à ses compétences ? »

« Bien sûr que non ! Je l’ai pistonné. »

Moyen très efficace pour obtenir un poste de travail, le piston peut également être utile pour bénéficier de n’importe quel avantage.

« Où as-tu pu acheter ce champagne à un tel prix ? »

« J’ai un bon piston ! »

Aujourd’hui, on préfère souvent parler de « bouche à oreille », de « relationnel », de « recommandation » ou mieux de « réseau ». Il reste que la différence entre le « réseau » et le piston est parfois ténue !

Le piston peut revêtir une forme particulière : un employé qui obtient un avancement à l’intérieur d’une entreprise grâce à ses relations sentimentales avec son supérieur hiérarchique, cela s’appelle « la promotion canapé » !

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Parler d’argent en France

En France, certains sujets sont abordés le moins souvent possible ; pour parler franchement, ils sont même carrément tabous : c’est le cas de l’argent. En dehors des généralités d’usage sur la question, les Français ne parlent jamais d’argent, et spécialement de leur argent.

Même entre amis, même en famille, on en est réduit à imaginer, supposer ou déduire le montant du salaire d’une personne en fonction de son niveau de vie. Il est inimaginable ni qu’on puisse demander directement à quelqu’un le montant de ses revenus, ni qu’une personne vous annonce, le plus naturellement du monde, combien elle gagne par mois. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le comble de la vulgarité et du mauvais goût. Et c’est toujours « déplacé ». Les Français, en cela, sont très différents d’autres peuples (des Nord-Américains par exemple).

Pourquoi une si grande discrétion sur la question ? C’est que pour eux l’argent est souvent sale. La richesse est d’ailleurs suspecte, les « signes extérieurs de richesse » généralement méprisés ou moqués.

Au travail, c’est souvent la même chose. Vous ne connaitrez pas le salaire de vos collègues ; vous n’en parlerez d’ailleurs jamais avec eux. Tout au plus, vous supposerez, en fonction de son ancienneté, de son poste, de ses qualifications, qu’Untel gagne environ tant d’euros par mois. Ce calcul, pour « situer » l’autre, se fait presque de manière inconsciente et automatique. Tout le monde y est habitué, tous le font, si bien que cela ne gêne personne.

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En France, un collègue peut-il devenir un copain ?

En France, on évite généralement de mélanger vie professionnelle et vie privée : ce sont souvent deux mondes très cloisonnés et vous connaitrez peu la vie privée d’un collègue. Voir ses collaborateurs en dehors du travail n’est pas une habitude : on ne dîne pas ensemble, on ne sort pas ensemble, et on part encore moins en vacances ensemble ! Tout au plus les Français peuvent-ils prendre un verre à la sortie du bureau, mais c’est très peu fréquent : sitôt le travail terminé, chacun n’a qu’une idée en tête : rentrer chez lui !

De même, un conjoint ne connaît donc pas, en principe, les collègues de travail de l’autre –et de toute manière, ça ne l’intéresse pas ! C’est d’ailleurs l’occasion de lever un malentendu récurrent pour les hispanophones : le mot « collègue », en français, désigne seulement la personne avec qui vous travaillez et non un ami. Cela n’empêche évidemment pas qu’un collègue devienne un ami (même si c’est finalement assez rare), mais l’un ne suppose pas l’autre.

Si vous voulez lier amitié avec un collègue français, cela demandera du temps. En l’invitant trop vite à dîner chez vous, vous risquez de le mettre mal à l’aise : il ne saura pas comment refuser une invitation, qui pour être gentille, n’en sera pas moins envahissante à ses yeux.

Vous trouverez peut-être distants les Français avec qui vous travaillez mais ne le prenez donc pas personnellement : c’est leur manière de faire !

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La poignée de main du matin en France

Avant toute chose, à votre arrivée au travail, avant de vous installer à votre bureau, d’organiser votre journée, de lire vos méls, il est absolument impératif de saluer vos collègues. Rien de plus normal ! me direz-vous, on fait la même chose dans tous les pays. Oui et non.

la-poignee-de-mains-en-FranceCe salut matinal n’est d’abord pas seulement destiné à vos proches collaborateurs : il n’est pas rare de voir une personne passer de service en service pour serrer la main de chacun et prendre des nouvelles. Certains étrangers sont parfois très surpris du « temps perdu » à ces salutations quotidiennes.

Ensuite, ce salut se manifeste en France presque exclusivement par la poignée de main. N’allez pas saluer un collègue d’un signe de la main ou pire, sans faire même aucun geste, lancer un simple « Bonjour Bernard ! » : ce serait mal ressenti ou plutôt ressenti comme une marque de froideur et de distance. La poignée de main est tellement obligatoire qu’un Espagnol travaillant en France avait très justement remarqué que si vous êtes présentement occupé et les mains prises ou sales au moment où on vient vous saluer, vous devrez présenter un bout de coude ou d’avant bras. Votre interlocuteur saisira tout naturellement le morceau de bras que vous lui aurez tendu.

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Quand tutoyer en français ?

En France, l’usage du tutoiement et du vouvoiement a beaucoup évolué ces 20 dernières années. Autrefois, le tu était réservé à la famille et aux amis intimes L’expression « être à tu et à toi avec quelqu’un », qui signifie être intime, montre bien à quel point l’usage du tu était la marque même de la familiarité.

tutoiement-dans-lentreprise-francaiseSi certaines professions ou catégories sociales (les professeurs ou les ouvriers entre eux par exemple) ont toujours préféré le tutoiement, le reste de la population utilisait le vous. Employer le tu indûment vous exposait aussitôt à un cinglant « On n’a pas élevé les cochons ensemble ! »

On tutoie aujourd’hui plus facilement, y compris au sein de l’entreprise. Entre collègues, le tutoiement est de règle et ne pas s’y plier vous signalera comme quelqu’un pour le moins de distant sinon d’étrange. Reste cependant qu’en France l’usage du tu ne s’apparente pas à celui des hispanophones ou des catalanophones : dans toute situation de rapport hiérarchique (responsable d’un service/employé, fournisseur/client, personne âgée/jeune, etc.) le vouvoiement continue à s’utiliser. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de passer au tu mais ce passage, comme c’est le cas depuis toujours, est ritualisé. La personne hiérarchiquement supérieure (responsable, fournisseur, personne âgée, etc.) pourra proposer à son interlocuteur: « On peut peut-être se tutoyer, non ? » Après acceptation (on peut difficilement faire autrement !), les deux personnes passeront définitivement au tutoiement.

Il sera intéressant de revenir sur l’usage du tu et du vous dans quelques années, car si le vouvoiement n’est pas encore en voie d’extinction son champ d’application tend indiscutablement à diminuer.

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Saluer et resaluer : les règles à suivre

Vous travaillez dans une entreprise française et vous avez, bien sûr, saluer tous vos collègues de la manière la plus adéquate possible en leur serrant la main. Imaginons maintenant que vous croisez une nouvelle fois dans les couloirs un collègue que vous avez déjà salué à votre arrivée : que faites-vous ?

Les hispanophones, suivant leurs coutumes, ont tendance à le saluer une nouvelle fois d’un « Bonjour ! » C’est cependant impossible : « Bonjour » ne peut être dit qu’une fois dans la journée. Un Français risque de se surprendre si à chaque fois que vous le croisez vous lui dites bonjour !

Certains anglophones, suivant encore leurs coutumes, croiseront leur collègue sans un regard pour lui, ce qui risque fort de le blesser : « Pourquoi est-il si froid et que s’est-il passé depuis ce matin où il m’a chaleureusement saluer ? »

Que faut-il donc faire ? En France, dans cette situation, votre collègue cherchera votre regard ; quand le contact visuel est établi, chacun esquisse un sourire tout en hochant légèrement la tête. Personne ne s’arrête, rien n’est verbalisé, ce « contact » est très bref et il est inutile d’exagérer votre sourire. Il s’agit simplement de dire à l’autre qu’on l’a reconnu.

Il arrive cependant que les Français, dans pareille occasion, se lancent « Rebonjour ! » ou même seulement « Re », mais c’est toujours sur un mode humoristique.

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Envoyer ses cartes de vœux pour la Nouvelle Année

Et voila ! Les fêtes sont terminées et après vous être laissés aller à quelques excès vous vous préparez à commencer la nouvelle année plein de bonnes résolutions. Pas vraiment, pour le moment, de grosses différences interculturelles entre la France, l’Espagne ou la Catalogne ! Mais, en France, ce début d’année est aussi un moment important de votre correspondance.

Meilleurs voeux 2016Premiers jours de janvier en France : jusqu’à présent, vous n’avez envoyé aucune carte à vos clients ou fournisseurs : c’est normal. Dans de nombreux pays, en Espagne entre autres, l’envoi d’une carte pour Noël est habituel. En France, tradition athée ou pas, c’est à la Nouvelle Année qu’on prend la plume. Jamais expédiée avant le commencement de l’année, votre lettre devra parvenir à son destinataire avant la fin janvier (l’idéal étant qu’il la reçoive durant les deux premières semaines du mois).

Souhaiter la bonne année a gardé dans le monde de l’entreprise beaucoup de ses traditions ; il est encore d’usage de le faire par écrit et par courrier postal plus que par courriel. Les cartes sont imprimées d’une formule qui dépend bien évidemment du destinataire ; « (Recevez) (nos) meilleurs vœux pour (l’année) 2016 » est cependant assez large pour pouvoir être employé dans toutes les situations. Dans certains cas, vous prendrez soin d’ajouter quelques mots à la main afin de personnaliser votre envoi.

Et puisque nous sommes aujourd’hui le 5 janvier, c’est le moment pour nous de vous souhaiter à tous une excellente année 2016 !

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Petit cours de politesse « à la française »

Certains mots sont absolument indispensables dans la communication avec les Français. Jean-Benoît Nadeau est Québécois ; il s’intéresse de près à la langue et à la culture ; il a obtenu de grands succès éditoriaux traduits dans le monde entier, notamment Le français, quelle histoire !, Pas si fous ces Français et Les Français aussi ont un accent. Il habite Paris depuis septembre 2013 et tient une chronique dans la revue Le Français dans le Monde. Voici ce qu’il notait en août dernier :

« Nous montons dans le bus 91 direction Gare de Lyon. Tandis que Julie et les enfants valident leur billet, le chauffeur leur lance un regard noir.

Râlâlâ!, dit-il.

Je comprends tout de suite : nous avons oublié de dire « bonjour ». Alors je tente de corriger le problème en lui disant « merci ». Trop tard.

Mais il faut dire bonjour aux gens ! Râlâlâ! Il y a des gens mal élevés… !

Politesse à la françaiseJ’ai beau être en France depuis dix mois, il m’arrive encore d’oublier de dire bonjour, LE mot clé de toute interaction ici. C’est qu’à Montréal, d’où je viens, il est très rare qu’un employé s’attende à ce que des inconnus lui disent bonjour, à plus forte raison les 10 000 utilisateurs d’un bus. Mais le chauffeur de bus parisien – tout comme d’ailleurs le caissier, le libraire, le serveur ou le gardien de piscine- s’attend à recevoir 10 000 bonjours et à y répondre. « Bonjour », comme « Au revoir », « Excusez-moi », « Merci », « Je vous en prie », « Il n’y a pas de quoi » et « Bon appétit », figurent parmi les essentiels du kit de survie de l’étranger en France.

[…] Les étrangers se plaignent souvent du mauvais caractère des Français et pas seulement des Parisiens. Mais neuf fois sur dix, j’ai constaté qu’ils ont oublié de dire bonjour. »

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