L’accent circonflexe en français

Si l’accent circonflexe est apparu à la Renaissance, il est employé systématiquement dans la langue française depuis le XVIIIème siècle. Jusqu’à cette époque, on continuait d’écrire certains s placés devant une autre consonne et ceci même s’ils ne se prononçaient plus en français. Lors de l’édition du dictionnaire de l’Académie française en 1740, il a été décidé que ces s seraient supprimés de la graphie. Mais les Français, peut-être excessivement nostalgiques, ont décidé de noter cette disparition par un accent circonflexe sur la voyelle précédente.

 

C’est donc ainsi que teste est devenu tête, hospital, hôpital, bastir, bâtir, etc. Connaitre l’origine de cet accent est donc très utile à tous les locuteurs de langues romanes qui, elles, ont conservé le s car il est encore prononcé. Si un mot possédant un accent circonflexe vous pose des difficultés de compréhension, il suffira donc d’essayer d’ajouter un s derrière la voyelle pour retrouver en principe le mot d’une langue latine. Ainsi, Pâques donne naturellement Pasques, c’est-à-dire Pascua en espagnol. Mais attention ! les s devant consonnes n’ont pas tous disparu parce que certains continuent de se prononcer… Ainsi, on écrit fête mais festin et festoyer.

Enfin, on utilise aussi l’accent circonflexe comme signe diacritique, c’est-à-dire pour distinguer des homophones : sûr et sur, et du, mûr et mur, etc.

Pour terminer, notons que, depuis la réforme de la simplification de l’orthographe officiel du français de 1990, le circonflexe a disparu du i et du u (excepté si sa disparition peut entraîner une ambigüité, comme dans / du par exemple).

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Le piston : un bon moyen d’obtenir un avantage !

En France, comme partout dans le monde, il est possible d’entrer dans une entreprise par piston (expression familière). L’image est assez parlante : vous obtenez un poste grâce à un appui qui, comme le piston, vous soulève en quelque sorte pour mieux vous distinguer du lot des candidats. On vous dira alors que vous êtes pistonné (ce qui peut être péjoratif si vous n’êtes pas très compétent…).

« Tu ne vas pas me dire que ton beau-frère est entré dans l’entreprise où tu travailles uniquement grâce à ses compétences ? »

« Bien sûr que non ! Je l’ai pistonné. »

Moyen très efficace pour obtenir un poste de travail, le piston peut également être utile pour bénéficier de n’importe quel avantage.

« Où as-tu pu acheter ce champagne à un tel prix ? »

« J’ai un bon piston ! »

Aujourd’hui, on préfère souvent parler de « bouche à oreille », de « relationnel », de « recommandation » ou mieux de « réseau ». Il reste que la différence entre le « réseau » et le piston est parfois ténue !

Le piston peut revêtir une forme particulière : un employé qui obtient un avancement à l’intérieur d’une entreprise grâce à ses relations sentimentales avec son supérieur hiérarchique, cela s’appelle « la promotion canapé » !

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Place de l’adjectif en français

Vous avez sûrement appris durant vos classes de français que la place naturelle de l’adjectif (comme de l’adverbe) est après le substantif.

C’est une proposition intéressante.

Découpez la forme rectangulaire.

Il existe cependant des adjectifs qui doivent être placés avant le nom ; ce sont toujours des mots courts, d’une ou deux syllabes. Grand, gros, petit, beau, joli, brave, autre, nouveau, bon, vieux, jeune, même, mauvais… seront par exemple placés à gauche du substantif.

Une grande maison et non une maison grande

Un bon livre et non un livre bon

Mais les choses se compliquent encore car certains adjectifs peuvent se placer soit à gauche, soit à droite du nom. Évidemment, vous n’êtes pas libre de choisir : dans le premier cas, la caractérisation est de nature subjective, c’est un jugement de valeur ; dans le second, l’adjectif est purement descriptif.

Mon ancienne voiture était une Peugeot.

signifie que ma précédente voiture était une Peugeot ; par contre,

Ce n’était pas une voiture ancienne.

signifie qu’elle n’était pas très vieille. Victor Hugo joue sur cette double signification lorsqu’il écrit

Charlemagne était un de ces très rares grands hommes qui sont aussi des hommes grands.

Il signifie ainsi que, selon lui, Charlemagne était non seulement un personnage illustre mais aussi grand de taille.

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Bonnes fêtes à tous !

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Le connecteur logique « d’autant… que »

Les étudiants en français langue étrangère ont traditionnellement des difficultés à utiliser (voire comprendre) la conjonction « d’autant… que ». La raison principale est qu’il n’en existe pas de traduction dans leur langue maternelle. Et pourtant, elle est très commune en français, tant à l’oral qu’à l’écrit, car c’est aussi un procédé de rhétorique. En effet, elle permet d’ajouter une autre cause à une cause première qui peut être exprimée ou sous-entendue (cas d’ailleurs très fréquent) ; on peut donc, grâce à elle, renforcer un argument.

Elle n’est jamais en tête de phrase et se place à l’intérieur de la phrase. Elle est souvent associée à des termes comparatifs :

  • d’autant plus/moins + adjectif + que
  • d’autant plus/moins de + nom + que
  • d’autant (plus/moins) que + proposition

Voici quelques exemples pour comprendre l’utilisation de cette conjonction.

Le candidat élu était d’autant plus heureux qu’il pensait ne pas pouvoir gagner.

Cause première à son bonheur (non exprimée, mais implicite) : son élection ; cause seconde : c’est une surprise pour lui, il pensait perdre.

Durant l’épreuve, le cycliste avait d’autant moins de force qu’il s’était mal alimenté la veille.

Cause première à sa fatigue (non exprimée, mais implicite) : son effort physique durant la course ; cause seconde : sa mauvaise alimentation.

Je ne vous en veux pas du tout, d’autant (plus) que personne n’est à l’abri d’une erreur.

Cause première (non exprimée, même implicitement) : je ne suis pas rancunier par nature ; cause seconde : je sais que tout le monde peut faire des erreurs. Dans ce dernier exemple, le mot « plus » est facultatif et ne sera ici d’ailleurs généralement pas exprimé.

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (4)

 

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont parfois faciles à éviter.

 

  1. La confusion entre « compétence » et « concurrence »

Dans le milieu professionnel, la compétence est l’aptitude à faire une tâche ou un travail.

Tout le monde sait que Patrick est un incompétent.

La concurrence est l’ensemble des entreprises qui se disputent la même clientèle.

Notre compétence pratique des prix plus bas que nous.

Nos concurrents pratiquent des prix plus bas que nous.

Cette société a été condamnée pour concurrence déloyale

  1. La confusion entre « invertir », « inverser » et « investir »

Invertir signifie renverser symétriquement ; c’est un synonyme de « inverser ».

S’il te plaît, n’inverse pas les rôles !

Grâce à cette machine, nous invertissons le sens d’un courant électrique.

Investir consiste à placer des capitaux dans une affaire, dans le but de gagner de l’argent.

L’entreprise a choisi de ne pas investir dans le renouvellement des équipements.

Attention aussi aux substantifs dérivés de ces verbes ! Invertir et inverser ont donné inversion, investir a donné investissement (et non l’inverse !).

  1. La nominalisation incorrecte du verbe financer

L’intuition d’un hispanophone et d’un catalanophone l’entraîne toujours à penser que le substantif tiré de financer est *financiation*. Malheureusement, ce mot n’existe pas, en français ! Vous devrez utiliser le mot financement.

Ce projet a bénéficié d’un financement sur ressources propres.

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É, È, Ê, À, Â, Ù et Û : les accents en français

L’erreur habituelle des hispanophones et des catalanophones est de croire que les accents français correspondent, comme dans leur langue natale, à des accents toniques : rien de plus faux !

L’accent tonique français est, comme nous l’avions vu il y a quelque temps (voir notre précédent article sur l’accent tonique français), toujours situé à la fin du groupe rythmique. Nous disons bien toujours car cette règle ne souffre aucune exception. En français, il est donc inutile de signaler la syllabe tonique par un quelconque accent.

Pourquoi donc écrire é, è et ê ? Tout simplement pour noter différents sons -différents phonèmes devrait-on dire. Le français est une des langues du monde qui comptent le plus de phonèmes vocaliques, seize pour être précis. Rappelons que les systèmes les plus fréquents utilisent 5 voyelles. L’alphabet latin étant limité, il a donc fallu inventer de nouvelles graphies pour noter certains phonèmes vocaliques.

 

La graphie e est prononcée en principe [ə] : le

le é est lui prononcé [e] : été

le è et le ê [ɛ] : père, fête.

 

Durant la deuxième moitié du XXème siècle, le [ɑ] postérieur, noté â, a pratiquement disparu au profit du [ä] antérieur (en France, les personnes âgées continuent souvent à faire la distinction). Le a de date et pâte est donc actuellement prononcé de la même façon.

Enfin, certains accents, u/ù/û et a/à, permettent d’éviter une ambiguïté entre des homographes : par exemple ou/où, sur/sûr et il a 2 chats/à midi.

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Molière à l’origine de nombreuses expressions du français courant

Il suffit d’y réfléchir quelques instants pour s’apercevoir que de nombreux mots de Molière sont passés dans la langue courante et cela sans que beaucoup de Français ne le sachent eux-mêmes.

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir » est devenu une expression, elle est tirée de Tartuffe. Avec cette phrase, Molière voulait se moquer des hypocrites, qui font semblant de s’offusquer d’un sein découvert. Mais l’expression souligne aujourd’hui l’excessive pruderie (la pudibonderie) d’une personne.

Un Maître Jacques est une personne qui a plusieurs emplois au sein d’une même organisation. Ce terme renvoie à la pièce de Molière, L’Avare. Dans la pièce, le personnage de Maître Jacques occupe le poste d’homme à tout faire d’Harpagon, lui servant notamment de cocher et de cuisinier. Un des synonymes de Maitre Jacques est factotum.

« Voilà pourquoi votre fille est muette » vient d’une réplique de Sganarelle dans Le médecin malgré lui (mais la citation exacte est : « Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette »). Elle ponctue un long raisonnement incompréhensible et faux, qui emploie un charabia visant à se faire passer pour une expertise. Si vous ne comprenez pas l’explication de votre interlocuteur parce qu’il a, volontairement ou non, utilisé des termes abscons, vous pouvez donc ponctuer ironiquement son discours d’un « Voilà pourquoi votre fille est muette ! »

Il y en a beaucoup d’autres, nous les verrons dans de prochains articles. On comprend mieux pourquoi on dit, par périphrase, que le français est « la langue de Molière » !

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Les prépositions après les verbes français

Aujourd’hui, voici un petit conseil qui n’a l’air de rien mais qui vous sera très utile ! Les étudiants de cours en Français Langue Étrangère se compliquent parfois inutilement la tâche. Beaucoup d’entre eux pourraient s’éviter un double effort de mémorisation et mémoriser directement les verbes avec la ou les prépositions qui les suivent. Il s’agirait, en somme, de les mémoriser un peu comme des phrasal verbs en anglais.

Faute de l’avoir fait, un grand nombre de doutes risquent d’apparaître au moment, notamment, d’utiliser les pronoms personnels compléments et les pronoms relatifs.

Comment savoir si on dira :

*Je l’ai besoin* *j’y ai besoin* ou j’en ai besoin

ou encore *la chose que j’ai besoin* ou la chose dont j’ai besoin

si on ne sait pas que la locution verbale est : avoir besoin DE ?

Dans ce cas précis, la majorité des étudiants mémorisera en général une première fois la locution « avoir besoin », puis, s’apercevant que c’est insuffisant à l’heure d’utiliser certains pronoms, finira par mémoriser la locution « avoir besoin de ».

D’où l’utilité de dresser une liste personnelle des principaux verbes français avec leur(s) préposition(s) :

Donner quelque chose À quelqu’un

Obliger quelqu’un À faire quelque chose

Avoir envie DE

Parler DE quelque chose À quelqu’un

Etc.

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Terminologie pour désigner les personnes dans le monde du travail

La façon de désigner les personnes avec lesquelles on entretient un rapport hiérarchique dans le travail a changé. Pendant longtemps, le responsable de service a appelé les personnes qui travaillaient sous ses ordres ses « subordonnés », c’est à dire : qui dépendent hiérarchiquement d’une personne de rang plus élevé. Depuis qu’on essaie, à l’exemple des anglo-saxons, de réduire la distance hiérarchique au travail, « subordonné » est devenu péjoratif et discriminant.

Le subordonné s’est donc transformé en collaborateur (c’est à dire : personne qui travaille avec d’autres). Certains critiquent ce politiquement correct et y voient là une belle hypocrisie. C’est de toute manière paradoxal d’utiliser un mot qui jusque-là était lui aussi très marqué et péjoratif, et a même été une insulte. En effet, un collaborateur (ou mieux, un « collabo ») a longtemps désigné le partisan et l’artisan de la collaboration avec l’ennemi durant l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale.

Inversement, si « chef », forme populaire, continue d’être employé, il est concurrencé par « boss » et « supérieur hiérarchique » ou « responsable de service » lui sont communément préférés.

Toutefois, pour la personne qui exerce la même fonction qu’une autre ou qui fait partie de la même structure, on use encore et toujours du mot « collègue ». Il faut d’ailleurs souligner que, excepté dans le sud de la France, « collègue » ne suppose en aucune façon des relations d’amitié. Même si, évidemment, un collègue peut aussi devenir un ami.

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Accent, rythme et mélodie en français

En français, à l’oral, il existe une composante fondamentale : la prosodie. Qu’est-ce que c’est donc ? Ce sont les règles d’accent, de rythme, de mélodie, de débit et de pauses. Ces règles peuvent être obligatoires, comme celle de l’accent final de groupe :

Je vais au cinéma demain soir.

ou optionnelles, comme celle de l’intonation montante pour la question

Tu vas au cinéma demain soir ?

En cours de français langue étrangère, il est indispensable d’étudier puis de maîtriser un minimum ces outils afin de pouvoir communiquer efficacement en français.

Mais on oublie trop souvent que cette même prosodie nous permet d’exprimer nos sentiments. Grâce au rythme, à la mélodie, aux pauses, etc., vous transmettez vos émotions à votre interlocuteur. Chaque langue possède des moules prosodiques prêts à l’emploi. Une même phrase aura donc une multitude de significations selon qu’elle sera dite de telle ou telle manière. En général, les étudiants en français langue étrangère ne connaissent que deux schémas prosodiques : ceux de l’affirmation et de la question.

Et pourtant, il en existe beaucoup d’autres ! Aujourd’hui, en guise de sensibilisation, nous vous proposons sept modèles prosodiques visant à exprimer, en français, sept émotions/sentiments de base.  Voici donc sept manières de dire : « Il va neiger demain. »

 

 

  1. Affirmation neutre
  2. Question neutre
  3. Vérification (n’est-ce pas ! j’ai bien compris ?)
  4. Surprise (je ne savais pas)
  5. Incrédulité, doute
  6. Insistance devant scepticisme (puisque je te dis)
  7. Affolement (mes beaux géraniums vont y passer !)

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