Ponctualité à la française : le quart d’heure de politesse

On a parfois parlé de « quart d’heure bordelais », de « quart d’heure toulousain », de « quart d’heure rémois », de « quart d’heure charentais »… tous ces quarts d’heure, semblent être des spécificités régionales. Ils renvoient cependant tous à la même réalité sur la totalité du territoire français : il serait plus judicieux et plus juste de parler de « quart d’heure français » !

À quoi correspond ce qu’on appelle aussi le quart d’heure de politesse ? C’est la marge communément admise pour être ponctuel en France : si vous avez rendez-vous avec un ami dans un café à 16h, vous saurez tous les deux tacitement que vous pourrez arriver entre 16h et 16h15. À partir de cette heure, chacun pourra commencer à s’inquiéter ou à s’énerver ! Ce quart d’heure de politesse est parfois même obligatoire. Si l’invitation est un peu plus formelle, disons qu’un couple d’amis vous invite chez eux, on attendra de vous de ne pas arriver avant l’écoulement de ce quart d’heure. Concrètement, si on vous a invité à 13h, se présenter avant 13h15 vous fera arriver avant l’heure (ce qui surprendra votre hôte).

Attention toutefois, dans le milieu professionnel, le quart d’heure de politesse ne s’applique pas : en général, l’heure de la réunion ou du déjeuner d’affaires est bien celle qu’on vous aura communiquée et n’y ajoutez donc pas 15 minutes en croyant arriver à l’heure : cette fois-ci, vous serez en retard !

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Le poids de la théorie chez les Français

La démonstration théorique prime toujours pour les Français. Il est peu probable qu’ils tentent de mettre en pratique un projet qui n’aura pas été conceptualisé a priori. Le pendant est qu’ils comprennent difficilement qu’on puisse essayer de réaliser un projet sans l’avoir au préalable rationnellement défini. On peut imaginer les malentendus possibles avec des personnes plus pragmatiques comme les Anglo-saxons ou les Japonais ; Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, explique dans son livre Citoyen du monde : « Les Japonais ne sont pas des champions de la théorie. Leur point fort, c’est de partir d’une observation pragmatique, simple, et d’essayer de construire une solution. Je n’ai pas vu d’essais très théoriques produits au Japon. »

L’effort de définition est ainsi, pour les Français, toujours capital et nécessaire, et n’importe quelle réunion de travail avec eux est sur ce point édifiante. Ce n’est pas étonnant : en France, le système éducatif transmet l’idée qu’une réponse à un problème n’est trouvée qu’en en définissant ses termes et qu’il existe donc autant de solutions que de définitions.

Cet attachement à la théorie fait leur force (et peut-être explique-t-elle l’excellence des théoriciens français, des mathématiques en passant par toutes les sciences sociales) ; elle fait aussi parfois leur faiblesse. C’est ce que pointe une célèbre –et vieille- blague anglaise. Un jour, un Anglais parvient à montrer à un Français, preuves matérielles à l’appui, que Dieu existe bel et bien. Le Français l’écoute, reste en silence durant un moment et finit par lui répondre : « D’accord, dans les faits, Dieu existe, mais en théorie ? » On leur reproche donc (et les Français eux-mêmes se le reprochent) de ne pas être assez pragmatiques. Ce reproche est parfois excessif : si tous, sous l’influence principalement anglo-saxonne, devenions pragmatiques, la compréhension du monde n’en serait-elle pas diminuée ? C’est sans aucun doute la diversité des approches qui nous permet de comprendre un phénomène.

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Avec les Français, sachez utiliser votre culture méditerranéenne !

Connaître et s’adapter aux us et coutumes de la culture de l’autre est primordial si on veut faciliter la communication et éviter de nombreux malentendus. On ne calcule plus le nombre de contrats n’ayant finalement pas été signés en raison d’une incompréhension interculturelle des deux parties –incompréhension liée souvent à« un point de détail »qui prend soudainement une importance démesurée.

Mais il ne s’agit pas d’oublier nos habitudes pour « singer » celles de l’autre ; il faut aussi savoir rester naturel et utiliser à bon escient les préjugés de l’autre sur de notre culture.

Question relations humaines, le Français a par exemple un a priori positif vis à vis des Méditerranéens. Il suffit qu’un Italien ou un Espagnol le tutoie ou lui touche le bras pendant la conversation pour qu’il s’étonne avec ravissement de leur chaleur humaine et qu’il pense : « Tout de même ! Ces Espagnols/Italiens, ce qu’ils sont sympathiques ! et comme tout est facile avec eux ! »(et il oubliera complètement qu’un compatriote ayant eu la même attitude l’aurait offusqué !).

N’ayez donc pas peur d’avoir recours à ces moyens pour mieux approcher votre interlocuteur et instaurer un climat de confiance lors d‘une négociation : feignez d’oublier que vous savez le vouvoiement obligatoire, faites comme dans votre langue, tutoyez-le ; ce qu’il n’acceptera jamais d’un compatriote sera accueilli avec enchantement si c’est vous. Il s’agit simplement de ne pas dépasser la limite de l’acceptable pour votre interlocuteur. Une écoute active et un peu d’intuition devraient vous permettre d’y parvenir.

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Offrir du muguet le 1er mai

Parce qu’il sent bon, qu’il se compose de clochettes (les cloches ont toujours été reliées à la chance) et qu’il était relativement raredans les sous-bois, le muguet s’est progressivement imposé comme la végétation porte-bonheur.

A la fin du XIXème siècle, un mouvement de grève secoue Chicago venant d’ouvriers qui réclament les 8 heures de travail quotidien.  En mémoire de cette journée de revendication, la IIème internationale socialiste à Paris, qui s’était réunie en l’honneur du centenaire de la Révolution Française, fait du 1er mai un jour de lutte mondiale pour la journée de 8 heures. Cette journée va être consacrée aux revendications syndicales dans les pays industrialisés. En France, le président Vincent Auriol en fera un jour chômé en 1947.

Les ouvriers avaient pris l’habitude de mettre à leur boutonnière un triangle rouge rappelant la division du travail (8h de travail, 8h de sommeil et 8h de loisir) à l’occasion du 1er mai. Ce triangle a ensuite été remplacé par une fleur d’églantine rouge. La fortune du muguet étant liée au 1er mai, les ouvriers ont décidé en 1907 de s’en emparer. Désormais, ils porteraient le muguet à la boutonnière.

Le 1ermai, tout le monde a le droit de vendre des brins de muguet : il suffit pour cela d’être à 40 mètres d’un fleuriste.

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Les Français et leurs vacances : durée et fréquence

Voici l’été et le temps des vacances ! Mais quand les Français les prennent-ils donc ? Durant longtemps, comme en Espagne, les entreprises fermaient au mois d’août : les employés se voyaient donc obligés de partir à cette époque. Mais les choses ont bien changé, même si certaines PME continuent de fermer durant une partie du mois d’août. Aujourd’hui, les Français, comme les Espagnols, prennent leurs vacances en juillet ou en août, et il est de plus en plus fréquent (surtout s’ils n’ont pas d’enfants) qu’ils partent en juin ou septembre pour bénéficier des tarifs préférentiels dans le secteur du tourisme.

La durée des vacances n’est plus non plus la même. Longtemps de quatre semaines, les séjours touristiques estivaux des Français sont aujourd’hui moins longs. Plus la durée légale des congés payés s’est allongée, plus ils ont fractionné leurs vacances de manière à bénéficier de périodes de congés deux voire trois fois dans l’année. En été, peu partent aujourd’hui un mois complet et la plupart prend deux ou trois semaines.

Pour notre part, bien que nous continuions à travailler durant le mois de juillet, les vacances de notre blog commencent dès aujourd’hui. Nous vous souhaitons à tous et à toutes un excellent été et espérons vous retrouver dès le début du mois de septembre !

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Le langage des doigts et des mains en France (2)

Nous continuons à voir ensemble la signification de quelques gestes des Français.

Le bout des cinq doigts qui se rejoignent et orientés vers le haut : ce geste ponctue le discours et montre que ce que vous dites est très important.

En ouvrant la main, la paume vers l’interlocuteur, et en l’agitant légèrement de gauche à droite et de droite à gauche, vous refusez poliment la proposition de votre interlocuteur.

Pour signifier que quelqu’un est fou, on tape légèrement son index contre sa tempe (variante : l’index tourne contre la tempe).

Les deux mains jointes et les doigts emmêlés, les pouces tournant l’un autour de l’autre : vous dites que vous êtes inoccupé, oisif.

La main semble jeter quelque chose par dessus l’épaule. On refuse ainsi de rendre service, ou une proposition qui nous semble exagérée.

Le pouce et l’index forment un petit cercle, les quatre doigts sont ouverts. Ce geste exprime l’appréciation, en particulier pour un plat, une recette de cuisine.

Enfin, voici un geste très vulgaire : le bras est plié, poing fermé et l’autre main vient frapper vigoureusement l’avant bras pour s’y poser. C’est le geste du « bras d’honneur ». C’est l’équivalent du geste où le majeur est tendu (les autres doigts sont repliés) –appelé lui un « doigt d’honneur ». Vous ainsi exprimez votre hostilité ; c’est une insulte.

Vous pouvez complétez votre apprentissage de la gestualité française grâce à l’humoriste Gad Elmaleh (c’est en anglais) :

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Le langage des doigts et des mains en France

On croit souvent que les gestes ont la même signification d’une culture à l’autre. Pourtant, tout le monde a en mémoire l’exemple des pays où on hoche la tête de bas en haut pour nier ou refuser, et de droite à gauche pour dire oui… Le langage non verbal est spécifique à chaque culture même si certaines d’entre elles peuvent partager certains gestes.

Voici quelques gestes employés en France.

Les doigts tendus vers l’interlocuteur, serrés les uns contre les autres et tapotant le pouce comme une pince qui s’ouvre et se referme, signifient « Tais-toi ! ». C’est un geste très familier et qui peut être très impoli voire agressif si vous le faites à une personne que vous connaissez peu.

En tendant votre index vers l’œil et en tirant un peu la peau vers le bas, vous dites à votre interlocuteur que vous ne le croyez pas. Vous pouvez accompagner votre geste par les mots : « Mon œil ! ». C’est aussi un geste familier.

En plaçant votre pouce près de l’oreille et l’auriculaire près de la bouche (les autres doigts sont repliés), vous dites « On se téléphone ! ».

Les doigts collés et repliés, qui frottent la joue du côté extérieur de la main, en soufflant légèrement : vous montrez que quelque chose ou quelqu’un vous ennuie. Vous pouvez accompagner votre geste des mots : « Ça/il me rase ! » ou « C’est rasant ! ».

Le poing fermé devant le nez avec une légère rotation : « Il a trop bu, il est ivre ! ».

Il existe beaucoup d’autres gestes ! Nous en reparlerons les prochaines semaines.

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La tradition du poisson d’avril en France

 Le jour du premier avril, il est d’usage en France de préparer quelques plaisanteries au détriment de ses amis et des membres de sa famille ; elles consistent à leur faire croire une chose fausse et même mieux : impossible. Les médias eux-mêmes se plient à la tradition et chacun essaie de découvrir, dans les journaux de la presse écrite, de la radio ou de la télé, l’information inventée du jour. Le premier avril, c’est donc notre 31 décembre à nous.

Quand votre victime est définitivement convaincue par la fausse nouvelle que vous avez spécialement imaginée à son intention, c’est le moment de lui dire « Poisson d’Avril ! », pour lui signifier ainsi qu’elle a été trop naïve en vous croyant.

Une autre tradition est d’accrocher le dessin d’un poisson dans le dos d’une personne, sans bien sûr qu’elle s’en aperçoive, et de la laisser se promener le plus longtemps possible ainsi affublée de cet appendice dorsal.

Malheureusement, tout comme le jour du Mardi Gras personne ne part travailler déguisé, n’espérez pas fêter le premier avril dans votre entreprise. Si cela n’est pas interdit et qu’un service, sous la houlette d’un collègue facétieux, pourra toujours célébrer cette coutume, c’est tout de même assez rare.

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Temps de pause au travail en France

En Espagne et plus précisément en Catalogne, la pause au travail en milieu de matinée est un rite partagé par tous et auquel il est difficile de déroger. Vers les dix heures et demie/onze heures, les bureaux se vident donc et les employés, le plus souvent par petits groupes de 3-4, rejoignent à tour de rôle le bar où ils ont leurs habitudes. Là, ils prennent un petit sandwich ou un croissant avec une boisson chaude (café, café au lait, etc.). Cette pause dure plus ou moins 20 minutes. C’est le second petit déjeuner de la journée : le premier, qui se réduit à une simple boisson chaude, est généralement pris à la maison.

En France, vous ne trouverez rien de semblable. Pour la même raison qu’ils terminent relativement tôt leur journée de travail (ils préfèrent concentrer leurs efforts sur un laps de temps plus court, voir notre précédent billet), les Français travaillent en principe d’une traite jusqu’au déjeuner. Il faut dire aussi que cela leur est plus facile : étant donné que leur repas aura lieu entre midi et 13h (et non vers 14h comme les Espagnols), ils risquent moins de crier famine en se passant d’un en-cas ! En général, les Français prennent donc un petit-déjeuner consistant à la maison, partent au travail, et attendent le déjeuner pour à nouveau se restaurer.

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En France, un collègue peut-il devenir un copain ?

En France, on évite généralement de mélanger vie professionnelle et vie privée : ce sont souvent deux mondes très cloisonnés et vous connaitrez peu la vie privée d’un collègue. Voir ses collaborateurs en dehors du travail n’est pas une habitude : on ne dîne pas ensemble, on ne sort pas ensemble, et on part encore moins en vacances ensemble ! Tout au plus les Français peuvent-ils prendre un verre à la sortie du bureau, mais c’est très peu fréquent : sitôt le travail terminé, chacun n’a qu’une idée en tête : rentrer chez lui !

De même, un conjoint ne connaît donc pas, en principe, les collègues de travail de l’autre –et de toute manière, ça ne l’intéresse pas ! C’est d’ailleurs l’occasion de lever un malentendu récurrent pour les hispanophones : le mot « collègue », en français, désigne seulement la personne avec qui vous travaillez et non un ami. Cela n’empêche évidemment pas qu’un collègue devienne un ami (même si c’est finalement assez rare), mais l’un ne suppose pas l’autre.

Si vous voulez lier amitié avec un collègue français, cela demandera du temps. En l’invitant trop vite à dîner chez vous, vous risquez de le mettre mal à l’aise : il ne saura pas comment refuser une invitation, qui pour être gentille, n’en sera pas moins envahissante à ses yeux.

Vous trouverez peut-être distants les Français avec qui vous travaillez mais ne le prenez donc pas personnellement : c’est leur manière de faire !

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