Exprimer l’affection grâce à « petit »

En français, l’adjectif « petit » peut exprimer une intention affectueuse ; en grammaire, on dit qu’il est hypocoristique. À ce titre, « petit » dénote un sentiment amical (et n’exprime donc aucune quantité) :

Tu sais, la petite brune qui habitait à côté ?

Oui, et bien ?

Elle a déménagé à Orléans.

ou même amoureux, surtout s’il est précédé d’un adjectif possessif :

Sa petite amie est Italienne.

Le ou la petit(e) ami(e) est donc la personne qu’on fréquente et dont on est amoureux/se. Pensez aussi à toutes les interpellations affectueuses que peuvent s’adresser les personnes qui s’aiment : mon petit chat, mon petit chéri, mon petit chou, etc.

Attention toutefois, un adjectif possessif suivi d’un « petit » peut aussi exprimer la condescendance et le mépris :

Mon petit monsieur, il faudrait voir à vous adresser à moi d’une autre manière !

En parlant des choses, l’adjectif « petit » souligne ce qu’on juge agréable. Si un ami vous dit un jour :

« J’ai découvert un petit restaurant dans le quartier des Halles… » (à l’oral, il est important de laisser en suspens cette phrase pour son intelligibilité), il est tout simplement en train de vous expliquer que ce restaurant est sympathique, qu’on y mange bien, etc.

Cet usage de « petit » est très utilisé dans les invitations, pour souligner tout le plaisir qu’on pourra en tirer en les acceptant :

  • Ça te dit de se faire un petit ciné, ce soir ?
  • Un petit café ?

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La locution adverbiale « du coup »

Vous connaissez certainement de nombreux connecteurs logiques de conséquence : donc, alors, par conséquent, ainsi… Mais il existe une locution adverbiale que peu d’étudiants en français langue étrangère connaissent : c’est du coup.

Cette expression est très employée, de plus en plus employée, et même, au dire de certains, trop employée : cela devient un tic ou une manie de semer ses phrases de du coup. Vous devez faire attention à réserver son emploi aux situations informelles et essentiellement à l’oral : l’expression est familière.

C’est presqu’un synonyme de par conséquent – qui, lui, n’est pas utilisé à l’oral. On dit parfois que du coup s’emploie quand la conséquence est inattendue. Ce n’est pas tout à fait exact. En utilisant cette expression, vous faites simplement semblant de croire que la conséquence de la première proposition est unique et somme toute logique.

Dans :

Il y avait une promotion sur les portables du coup j’en ai acheté un.

il n’y a pas de relation de cause à effet entre l’affirmation et l’action : ce n’est pas parce qu’il y a une promotion qu’on achète automatiquement un portable. Et pourtant, c’est ce que vous dites, ce qui vous permet de légitimer votre action (ici votre achat) : vous avez eu raison, il était normal d’en acheter un puisqu’il y avait une promotion.

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Le piston : un bon moyen d’obtenir un avantage !

En France, comme partout dans le monde, il est possible d’entrer dans une entreprise par piston (expression familière). L’image est assez parlante : vous obtenez un poste grâce à un appui qui, comme le piston, vous soulève en quelque sorte pour mieux vous distinguer du lot des candidats. On vous dira alors que vous êtes pistonné (ce qui peut être péjoratif si vous n’êtes pas très compétent…).

« Tu ne vas pas me dire que ton beau-frère est entré dans l’entreprise où tu travailles uniquement grâce à ses compétences ? »

« Bien sûr que non ! Je l’ai pistonné. »

Moyen très efficace pour obtenir un poste de travail, le piston peut également être utile pour bénéficier de n’importe quel avantage.

« Où as-tu pu acheter ce champagne à un tel prix ? »

« J’ai un bon piston ! »

Aujourd’hui, on préfère souvent parler de « bouche à oreille », de « relationnel », de « recommandation » ou mieux de « réseau ». Il reste que la différence entre le « réseau » et le piston est parfois ténue !

Le piston peut revêtir une forme particulière : un employé qui obtient un avancement à l’intérieur d’une entreprise grâce à ses relations sentimentales avec son supérieur hiérarchique, cela s’appelle « la promotion canapé » !

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Terminologie pour désigner les personnes dans le monde du travail

La façon de désigner les personnes avec lesquelles on entretient un rapport hiérarchique dans le travail a changé. Pendant longtemps, le responsable de service a appelé les personnes qui travaillaient sous ses ordres ses « subordonnés », c’est à dire : qui dépendent hiérarchiquement d’une personne de rang plus élevé. Depuis qu’on essaie, à l’exemple des anglo-saxons, de réduire la distance hiérarchique au travail, « subordonné » est devenu péjoratif et discriminant.

Le subordonné s’est donc transformé en collaborateur (c’est à dire : personne qui travaille avec d’autres). Certains critiquent ce politiquement correct et y voient là une belle hypocrisie. C’est de toute manière paradoxal d’utiliser un mot qui jusque-là était lui aussi très marqué et péjoratif, et a même été une insulte. En effet, un collaborateur (ou mieux, un « collabo ») a longtemps désigné le partisan et l’artisan de la collaboration avec l’ennemi durant l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale.

Inversement, si « chef », forme populaire, continue d’être employé, il est concurrencé par « boss » et « supérieur hiérarchique » ou « responsable de service » lui sont communément préférés.

Toutefois, pour la personne qui exerce la même fonction qu’une autre ou qui fait partie de la même structure, on use encore et toujours du mot « collègue ». Il faut d’ailleurs souligner que, excepté dans le sud de la France, « collègue » ne suppose en aucune façon des relations d’amitié. Même si, évidemment, un collègue peut aussi devenir un ami.

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Quand tutoyer en français ?

En France, l’usage du tutoiement et du vouvoiement a beaucoup évolué ces 20 dernières années. Autrefois, le tu était réservé à la famille et aux amis intimes L’expression « être à tu et à toi avec quelqu’un », qui signifie être intime, montre bien à quel point l’usage du tu était la marque même de la familiarité.

tutoiement-dans-lentreprise-francaiseSi certaines professions ou catégories sociales (les professeurs ou les ouvriers entre eux par exemple) ont toujours préféré le tutoiement, le reste de la population utilisait le vous. Employer le tu indûment vous exposait aussitôt à un cinglant « On n’a pas élevé les cochons ensemble ! »

On tutoie aujourd’hui plus facilement, y compris au sein de l’entreprise. Entre collègues, le tutoiement est de règle et ne pas s’y plier vous signalera comme quelqu’un pour le moins de distant sinon d’étrange. Reste cependant qu’en France l’usage du tu ne s’apparente pas à celui des hispanophones ou des catalanophones : dans toute situation de rapport hiérarchique (responsable d’un service/employé, fournisseur/client, personne âgée/jeune, etc.) le vouvoiement continue à s’utiliser. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de passer au tu mais ce passage, comme c’est le cas depuis toujours, est ritualisé. La personne hiérarchiquement supérieure (responsable, fournisseur, personne âgée, etc.) pourra proposer à son interlocuteur: « On peut peut-être se tutoyer, non ? » Après acceptation (on peut difficilement faire autrement !), les deux personnes passeront définitivement au tutoiement.

Il sera intéressant de revenir sur l’usage du tu et du vous dans quelques années, car si le vouvoiement n’est pas encore en voie d’extinction son champ d’application tend indiscutablement à diminuer.

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Le mot vache et ses dérivés en langue familière

Vache

 

 

La vache, comme on sait est la femelle du taureau. Cet animal paisible et indolent nous donne son lait et sa viande, n’en déplaise aux végétariens. Mais elle donne lieu à une série de mots ou d’expressions très utilisés, surtout à l’oral.

Une vache est aussi une personne méchante (on dit aussi une peau de vache) ; dans cette acception, le mot peut d’ailleurs devenir adjectif :

Mon chef, quelle vache !

Mon chef est une peau de vache.

Mon chef, il a été vache avec moi.

Cela a aussi donné le mot vacherie, c’est à dire méchanceté :

Leur relation est pour le moins particulière : ils s’aiment et pourtant ils n’arrêtent pas de se dire des vacheries !

Au pluriel et souvent dans une phrase exclamative, les vaches désigne un sujet plus ou moins déterminé dont on se plaint :

Ah ! les vaches ! ils ne m’ont pas prévenu !

Mais l’utilisation la plus fréquente revient sûrement aux expressions La vache ! et vachement. La vache ! peut exprimer tour à tour la surprise :

– (après s’être caché et apparaissant soudainement) Bouh !

– Oh ! la vache ! tu m’as fait peur !

l’indignation :

Trois heures pour obtenir une réponse à l’accueil ! La vache ! C’est pas possible !

ou l’admiration :

– Regarde ! J’ai acheté un nouveau manteau !

– La vache !

Dans la langue familière, vachement remplace très ou beaucoup :

C’est vachement important.

Depuis notre arrivée, il pleut vachement.

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Les abréviations et les sigles en français

Les Français adorent utiliser les abréviations et les sigles, tout simplement pour aller plus vite quand ils parlent. Les mots longs de plus de trois syllabes sont donc aussi souvent que possible impitoyablement écourtés.

Parlons des sigles. La technique consiste à former un mot à partir de lettres initiales. On prononce chaque lettre l’une après l’autre, sur la même base que la phonétique de l’alphabet. Quand on les écrit, en principe on doit placer un point après chaque lettre mais on a de moins en moins tendance à le faire, comme si, justement, le sigle devenait un mot à part entière.

abréviation en françaisDans le domaine du lexique lié au français commercial, vous trouverez donc : PDG (Président Directeur Général), un travail en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou en CDD (Contrat à Durée Déterminée), le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), DRH (Directeur des Ressources Humaines), etc.

Mais cette folie du sigle a même gagné les noms propres, la ministre des Affaires Étrangères de Sarkozy, qui a dû démissionner en février dernier, s’appelle Michèle Alliot-Marie : trop long ! tout le monde l’appelle donc MAM. Idem pour l’ancien Président de la République, VGE, Valéry Giscard d’Estaing, ou pour désormais le mondialement célèbre, Dominique Strauss-Kahn, DSK !

L’abréviation se fait parfois par la troncation du début ou de la fin du mot. Le plus souvent, on élimine les dernières syllabes du mot (apocope) : compta pour comptabilité, bac pour baccalauréat, bon app pour bon appétit, la pub pour la publicité, à plus pour à plus tard, aprem pour après-midi, etc. Parfois, on élimine les premières syllabes (aphérèse) : en langage parlé et relâché, bonsoir devient ‘soir, américain devient ricain, etc.

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Déformation à l’oral du pronom sujet VOUS

Outre le e caduc, d’autres sons ont tendance à disparaître en français oral spontané. Cela complique d’ailleurs beaucoup la compréhension orale des étudiants Français Langue Étrangère. Il est donc nécessaire de travailler en cours ces caractéristiques de la langue orale française.

Les pronoms personnels sujets sont par exemple largement déformés à l’oral. On sait que, en français, ces pronoms fonctionnent finalement comme des désinences verbales antéposées au verbe. Phonétiquement, la morphologie orale du verbe est souvent identique aux trois premières personnes du singulier (voire aussi à la troisième du pluriel).

 

Exemple : Je parle, Tu parles, Il parle, Ils parlent

 

Ce sont donc les pronoms personnels sujets qui nous permettent de distinguer les personnes, et c’est pour cette raison qu’ils sont indispensables. Mais cela n’empêche pas les Francophones, à l’oral, de les raccourcir dès que c’est possible !

C’est le cas du pronom sujet vous, qui pourra donc, selon le degré de relâchement du locuteur, être transformé en [vz], [uz] ou [z] devant voyelle et en [u] devant consonne.

 

« Vous allez bien ? » peut être prononcé :

 

Et « Vous prenez du sucre ? » pourra être prononcé :

 

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L’apostrophe en français

Apostrophe en françaisL’apostrophe a été introduite dans le français de la Renaissance ; elle existe aussi en italien, en espagnol, en catalan, en anglais et en allemand mais c’est en français qu’elle est la plus fréquente. Jusqu’au Moyen Âge, on agglutinait les articles avec le mot qui suivait (il en reste d’ailleurs des traces dans certains mots comme gendarme ou Lille).

C’est un signe qui s’emploie pour remplacer des voyelles finales a et e de certains mots quand ils sont placés devant un mot qui commence par voyelle ou h muet ; il remplace aussi le i de la conjonction « si » quand elle est suivie du pronom il.

la + étudiante = l’étudiante

je + étais = j’étais

si + il le veut = s’il le veut

Le langage familier multiplie l’utilisation de l’apostrophe. Elle marque alors l’élision du i dans le pronom relatif « qui » et du u dans le pronom personnel « tu ».

L’homme qui est arrivé = l’homme qu’est arrivé

Tu es parti quand ? = t’es parti quand ?

L’apostrophe peut aussi marquer l’élision de e devant consonne voire de certaines consonnes finales dans le langage populaire !

Je vais te le dire = j’vais t’le dire

C’est possible = c’est possib’

C’est un quatre quatre = c’est un quat’ quat’

Bien savoir utiliser l’apostrophe est donc très important pour parler correctement français !

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Les mots familiers « Boîte » et « Taf »

Le mot « boîte », avec son petit accent circonflexe prenant la place du « s », est employé en français dès le XIIème siècle. Il dériverait du gallo-romain buxita, qui viendrait du latin buxus, le buis dont étaient faits certains coffrets et qui a donné l’équivalent anglais box.

Boîte« Boîte » a d’abord désigné, dans divers argots, un lieu clos, où l’on est à l’étroit, enfermé (pensez que boîte sera aussi plus tard le synonyme de discothèque), mal à l’aise et… où, pour finir, on bosse. Flaubert déjà, dans sa correspondance, en 1874, emploie cette forme pour un lieu de travail guère aimable. Elle a donc fini par désigner communément une entreprise : « Tu travailles dans quelle boîte ? », « Et ta boîte, ça va ? », etc.

Mais que fait-on dans une boîte ? On taffe, bien sûr. « Taffer » vient de « taf », synonyme familier de « travail » : « Et ton taf, ça va ? », « Désolé, je ne peux pas, j’ai trop de taf. » L’origine du mot « taf » est obscure : acronyme du « Travail À Faire » donné par les profs ou descendant du vieil argot des voleurs, le taf désignant la part de butin, puis la récompense d’un travail ?

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