Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (4)

 

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont parfois faciles à éviter.

 

  1. La confusion entre « compétence » et « concurrence »

Dans le milieu professionnel, la compétence est l’aptitude à faire une tâche ou un travail.

Tout le monde sait que Patrick est un incompétent.

La concurrence est l’ensemble des entreprises qui se disputent la même clientèle.

Notre compétence pratique des prix plus bas que nous.

Nos concurrents pratiquent des prix plus bas que nous.

Cette société a été condamnée pour concurrence déloyale

  1. La confusion entre « invertir », « inverser » et « investir »

Invertir signifie renverser symétriquement ; c’est un synonyme de « inverser ».

S’il te plaît, n’inverse pas les rôles !

Grâce à cette machine, nous invertissons le sens d’un courant électrique.

Investir consiste à placer des capitaux dans une affaire, dans le but de gagner de l’argent.

L’entreprise a choisi de ne pas investir dans le renouvellement des équipements.

Attention aussi aux substantifs dérivés de ces verbes ! Invertir et inverser ont donné inversion, investir a donné investissement (et non l’inverse !).

  1. La nominalisation incorrecte du verbe financer

L’intuition d’un hispanophone et d’un catalanophone l’entraîne toujours à penser que le substantif tiré de financer est *financiation*. Malheureusement, ce mot n’existe pas, en français ! Vous devrez utiliser le mot financement.

Ce projet a bénéficié d’un financement sur ressources propres.

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É, È, Ê, À, Â, Ù et Û : les accents en français

L’erreur habituelle des hispanophones et des catalanophones est de croire que les accents français correspondent, comme dans leur langue natale, à des accents toniques : rien de plus faux !

L’accent tonique français est, comme nous l’avions vu il y a quelque temps (voir notre précédent article sur l’accent tonique français), toujours situé à la fin du groupe rythmique. Nous disons bien toujours car cette règle ne souffre aucune exception. En français, il est donc inutile de signaler la syllabe tonique par un quelconque accent.

Pourquoi donc écrire é, è et ê ? Tout simplement pour noter différents sons -différents phonèmes devrait-on dire. Le français est une des langues du monde qui comptent le plus de phonèmes vocaliques, seize pour être précis. Rappelons que les systèmes les plus fréquents utilisent 5 voyelles. L’alphabet latin étant limité, il a donc fallu inventer de nouvelles graphies pour noter certains phonèmes vocaliques.

 

La graphie e est prononcée en principe [ə] : le

le é est lui prononcé [e] : été

le è et le ê [ɛ] : père, fête.

 

Durant la deuxième moitié du XXème siècle, le [ɑ] postérieur, noté â, a pratiquement disparu au profit du [ä] antérieur (en France, les personnes âgées continuent souvent à faire la distinction). Le a de date et pâte est donc actuellement prononcé de la même façon.

Enfin, certains accents, u/ù/û et a/à, permettent d’éviter une ambiguïté entre des homographes : par exemple ou/où, sur/sûr et il a 2 chats/à midi.

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Les prépositions après les verbes français

Aujourd’hui, voici un petit conseil qui n’a l’air de rien mais qui vous sera très utile ! Les étudiants de cours en Français Langue Étrangère se compliquent parfois inutilement la tâche. Beaucoup d’entre eux pourraient s’éviter un double effort de mémorisation et mémoriser directement les verbes avec la ou les prépositions qui les suivent. Il s’agirait, en somme, de les mémoriser un peu comme des phrasal verbs en anglais.

Faute de l’avoir fait, un grand nombre de doutes risquent d’apparaître au moment, notamment, d’utiliser les pronoms personnels compléments et les pronoms relatifs.

Comment savoir si on dira :

*Je l’ai besoin* *j’y ai besoin* ou j’en ai besoin

ou encore *la chose que j’ai besoin* ou la chose dont j’ai besoin

si on ne sait pas que la locution verbale est : avoir besoin DE ?

Dans ce cas précis, la majorité des étudiants mémorisera en général une première fois la locution « avoir besoin », puis, s’apercevant que c’est insuffisant à l’heure d’utiliser certains pronoms, finira par mémoriser la locution « avoir besoin de ».

D’où l’utilité de dresser une liste personnelle des principaux verbes français avec leur(s) préposition(s) :

Donner quelque chose À quelqu’un

Obliger quelqu’un À faire quelque chose

Avoir envie DE

Parler DE quelque chose À quelqu’un

Etc.

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Quand tutoyer en français ?

En France, l’usage du tutoiement et du vouvoiement a beaucoup évolué ces 20 dernières années. Autrefois, le tu était réservé à la famille et aux amis intimes L’expression « être à tu et à toi avec quelqu’un », qui signifie être intime, montre bien à quel point l’usage du tu était la marque même de la familiarité.

tutoiement-dans-lentreprise-francaiseSi certaines professions ou catégories sociales (les professeurs ou les ouvriers entre eux par exemple) ont toujours préféré le tutoiement, le reste de la population utilisait le vous. Employer le tu indûment vous exposait aussitôt à un cinglant « On n’a pas élevé les cochons ensemble ! »

On tutoie aujourd’hui plus facilement, y compris au sein de l’entreprise. Entre collègues, le tutoiement est de règle et ne pas s’y plier vous signalera comme quelqu’un pour le moins de distant sinon d’étrange. Reste cependant qu’en France l’usage du tu ne s’apparente pas à celui des hispanophones ou des catalanophones : dans toute situation de rapport hiérarchique (responsable d’un service/employé, fournisseur/client, personne âgée/jeune, etc.) le vouvoiement continue à s’utiliser. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de passer au tu mais ce passage, comme c’est le cas depuis toujours, est ritualisé. La personne hiérarchiquement supérieure (responsable, fournisseur, personne âgée, etc.) pourra proposer à son interlocuteur: « On peut peut-être se tutoyer, non ? » Après acceptation (on peut difficilement faire autrement !), les deux personnes passeront définitivement au tutoiement.

Il sera intéressant de revenir sur l’usage du tu et du vous dans quelques années, car si le vouvoiement n’est pas encore en voie d’extinction son champ d’application tend indiscutablement à diminuer.

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Le commerce international et l’interculturalité

L’importance de l’interculturel dans les classes de français en entreprises est assez peu soulignée, c’est pourtant capital. On pourrait définir très rapidement l’interculturel par la sensibilisation à la culture de l’autre. Chacun agit en fonction des codes de sa propre culture et chacun pense inconsciemment que cette manière de faire est non seulement «normale» mais «meilleure».

Cette sensibilisation est d’autant plus importante que les cultures sont ou semblent proches. Cela peut sembler paradoxal mais s’explique facilement.

Qu’un Espagnol aille faire du commerce en Chine et il sera automatiquement sur un qui –vive permanent pour décoder et comprendre la culture chinoise: chacun sait que ce sont des cultures radicalement différentes. Sans un apprentissage spécifique, ce décodage sera sans doute difficile pour lui; il reste qu’il en aura intériorisé la nécessité.

Mais que le même Espagnol fasse des affaires avec un Français et il se dira presque aussi automatiquement que dans le premier cas : «Nos deux pays sont européens, voisins qui plus est, et nous parlons deux langues romanes: nous devrions facilement nous entendre. » Or les ressortissants des deux pays agissent et pensent différemment dans de nombreux domaines, ce qui génère malentendus, quiproquos, incompréhensions, et explique bon nombre d’échecs commerciaux. Voilà pourquoi il est important d’être sensibilisé à la culture de l’autre.

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Expression de l’hypothèse : les erreurs à éviter

Erreur expression hypothèseTous la font : des enfants francophones jusqu’aux apprenants de français langue étrangère ; cette erreur est parfois fossilisée et elle peut être alors difficile à corriger aux niveaux intermédiaire et avancé. Comme on le sait, pour exprimer l’hypothèse sur le présent (présentement irréalisable) ou le passé (hypothèse irréelle dans le passé) avec la conjonction SI, la structure syntaxique est :

SI + Imparfait + Conditionnel

Et

Si + plus-que-parfait + Conditionnel passé

Il est important de remarquer que le mode conditionnel ne peut être employé directement après la conjonction : c’est précisément l’erreur récurrente de bon nombre de locuteurs débutants en français :

Si *j’aurais su*, je ne serais pas venu.

Si j’avais su, je ne serais pas venu.

La deuxième erreur, typique des hispanophones/catalanophones, est d’utiliser, comme dans leur langue maternelle, le subjonctif en lieu et place de l’imparfait ou du plus-que-parfait :

Si tu *prennes* l’autobus maintenant, tu aurais le temps d’y être à l’heure.

Si tu prenais l’autobus maintenant, tu aurais le temps d’y être à l’heure.

Tous ces rappels ne doivent pas vous faire oublier qu’il est presque toujours possible de changer l’ordre de la condition et de la conséquence dans la phrase hypothétique. Vous pourrez donc dire :

Je ne serais pas venu si j’avais su.

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (3)

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont pourtant faciles à éviter.

1. La confusion entre « d’ailleurs » et « par ailleurs »

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. « En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs » vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

2. La confusion entre « magazine » et « magasin ». Le premier est un synonyme de revue et se prononce [magazin] ; le deuxième désignait à l’origine un lieu d’entrepôt et signifie aujourd’hui boutique : il se prononce [magazɛ̃], il faut donc bien veiller à nasaliser la dernière voyelle.

3. La confusion entre « champagne » et « campagne ». La Champagne est une région (où est d’ailleurs produit un vin d’appellation contrôlée : le vin de champagne). La campagne désigne une zone rurale, par opposition aux zones urbaines ; il est vrai que les terrains cultivés dans la campagne s’appellent des champs !

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Prononciation de la graphie -QU- en français

Mais comment prononcer la graphie –qu- en français : [k] ou [kw] ? Beaucoup d’étudiants hispanophones et catalanophones hésitent couramment. Disons simplement que dans l’immense majorité des cas, cette graphie se prononce [k] : quand, qui, quoi. Attention : dans ce dernier cas, vous entendez bien [kw] mais c’est à cause de la graphie –oi- !

Ça, c’est pour la statistique ! Mais, en réalité, lorsque le mot est encore perçu comme un emprunt à une langue étrangère (c’est à dire, ici, au latin), les Français veulent respecter les règles de prononciation de cette langue. Pour le cas qui nous occupe aujourd’hui, si le mot qui contient la graphie –qu- leur semble encore être un mot savant emprunté au latin, les Français prononceront [kw]. Voyez par exemple les mots composés en aqua (« eau » en latin) : aquarelle, aquaculture, aquagym, etc.

Mais ce serait encore trop simple ! Les Français eux-mêmes semblent hésiter entre deux prononciations : cette hésitation est d’ailleurs signe que le mot s’intègre peu à peu dans la langue et ne se perçoit presque plus comme un emprunt. Prenons le mot quadruple : vous entendrez certains Français prononcer [k] mais d’autres diront [kwa] !

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Petit cours sur les connecteurs logiques de classification en français

Les connecteurs logiques de classification (ou d’énumération) sont très utiles pour organiser et présenter sa pensée et les Français y ont souvent recours ; il n’est pas très compliqué de les utiliser mais les apprenants de Français Langue Étrangère, notamment les hispanophones et les catalanophones, répètent les mêmes erreurs qui sont pourtant faciles à éviter.

Pour les connecteurs de « premier niveau », pourrait-on dire, vous avez le choix parmi les expressions de la liste suivante :

d’abord, tout d’abord, de prime abord, en premier lieu, premièrement.

Notez cependant que le connecteur premier n’existe pas.

Vous ne pourrez pas dire : Premier, nous sommes partis.

Mais : D’abord / premièrement, etc., nous sommes partis.

Pour les connecteurs de « deuxième niveau ou plus », et selon que vous devez conclure votre énumération ou non, vous pourrez utiliser l’une des expressions suivantes :

en deuxième lieu, en second lieu, deuxièmement

après, ensuite, de plus, quant à, puis

en dernier lieu, pour conclure, enfin

Notez bien ici qu’il ne faut pas confondre depuis et après.

La différence (théorique, car les Français eux-mêmes ne le respectent pas) entre en deuxième lieu et en second lieu est que le premier est suivi d’un en troisième lieu alors que en second lieu conclut la liste.

Enfin, sachez que si l’expression secondement existe, elle est littéraire et ne s’utilise pratiquement jamais.

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Principales erreurs syntaxiques des hispanophones et des catalanophones en français

De la même façon qu’une même communauté linguistique aura tendance à répéter les mêmes erreurs en lexique, les hispanophones et les catalanophones reproduisent généralement les mêmes erreurs en syntaxe. Ces difficultés sont dues aux interférences entre la langue d’apprentissage, ici le français, et la ou les langues maternelles ; lorsque les langues sont proches, comme c’est le cas entre le français, l’espagnol et le catalan, la tentation est grande de reproduire des structures qui peuvent pourtant être incorrectes dans la langue d’apprentissage !

À l’inverse de l’espagnol et du catalan, les pourcentages ne sont pas précédés d’un article en français (sauf cas très rares) :

Un 52% des votants se sont abstenus.

Sauf dans les expressions héritées du Moyen-Âge, les substantifs sont toujours précédés en français d’un article : les hispanophones et catalanophones oublient régulièrement l’article partitif :

J’ai chance.

J’ai de la chance.

La négation  s’exprime en français grâce à la locution disjointe ne… pas. À l’oral, cependant, seul « pas » est exprimé, or c’est précisément celui que les apprenants ont tendance à supprimer !

Je ne pars en vacances.

Je pars pas en vacances.

Toujours dans la négation, souvenez-vous qu’avec « jamais », « personne », « aucun », « rien », vous devez supprimez le « pas » :

Il (ne) boit pas jamais d’alcool.

Il ne boit jamais d’alcool.

Enfin, dans la structure Il/elle/c’est + adjectif + DE + verbe infinitif, la préposition de est systématiquement oubliée :

C’est important partir à l’heure.

C’est important de partir à l’heure.

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