Comment prononcer le « h » en français 

Mais à quoi sert donc le en français ? On ne le prononce jamais ! La situation se complique quand on sait qu’il existe en français deux type de h : le h aspiré et le h muet.  Les Français semblent parfois bien tordus : pourquoi inventer deux variantes à un son qui n’existe pas ? C’est que, si le h ne se prononce pas, il a pourtant des conséquences sur l’élision et la liaison : un h aspiré les interdit alors qu’un h muet l’autorise :

Le hameau et Les hameaux (sans liaison).

L’heure et Les heures (avec liaison).

Comment savoir si le h est aspiré ou muet ? En général, si le mot est importé et possède un son h articulé dans sa langue d’origine (les langues germaniques, l’anglais et les langues orientales notamment), le h sera conservé dans l’orthographe française, et sera aspiré (mais ne sera plus articulé, comme on vient de le voir). Mais de nombreux mots d’origine étrangère finissent, avec l’usage, par perdre leur h aspiré. C’est le cas par exemple de handicap, qui vient de l’expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Beaucoup de francophones prononcent aujourd’hui :

L’handicapé et Les handicapés (avec liaison).

Il n’existe donc pas de truc infaillible pour savoir si le h à l’initiale est muet ou aspiré. La meilleure solution, en français langue étrangère, c’est de le mémoriser pour chaque mot !

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Introduire la conséquence avec « AUSSI »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

J’aime la musique reggae, et toi ?

Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi, j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (4)

 

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont parfois faciles à éviter.

 

  1. La confusion entre « compétence » et « concurrence »

Dans le milieu professionnel, la compétence est l’aptitude à faire une tâche ou un travail.

Tout le monde sait que Patrick est un incompétent.

La concurrence est l’ensemble des entreprises qui se disputent la même clientèle.

Notre compétence pratique des prix plus bas que nous.

Nos concurrents pratiquent des prix plus bas que nous.

Cette société a été condamnée pour concurrence déloyale

  1. La confusion entre « invertir », « inverser » et « investir »

Invertir signifie renverser symétriquement ; c’est un synonyme de « inverser ».

S’il te plaît, n’inverse pas les rôles !

Grâce à cette machine, nous invertissons le sens d’un courant électrique.

Investir consiste à placer des capitaux dans une affaire, dans le but de gagner de l’argent.

L’entreprise a choisi de ne pas investir dans le renouvellement des équipements.

Attention aussi aux substantifs dérivés de ces verbes ! Invertir et inverser ont donné inversion, investir a donné investissement (et non l’inverse !).

  1. La nominalisation incorrecte du verbe financer

L’intuition d’un hispanophone et d’un catalanophone l’entraîne toujours à penser que le substantif tiré de financer est *financiation*. Malheureusement, ce mot n’existe pas, en français ! Vous devrez utiliser le mot financement.

Ce projet a bénéficié d’un financement sur ressources propres.

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É, È, Ê, À, Â, Ù et Û : les accents en français

L’erreur habituelle des hispanophones et des catalanophones est de croire que les accents français correspondent, comme dans leur langue natale, à des accents toniques : rien de plus faux !

L’accent tonique français est, comme nous l’avions vu il y a quelque temps (voir notre précédent article sur l’accent tonique français), toujours situé à la fin du groupe rythmique. Nous disons bien toujours car cette règle ne souffre aucune exception. En français, il est donc inutile de signaler la syllabe tonique par un quelconque accent.

Pourquoi donc écrire é, è et ê ? Tout simplement pour noter différents sons -différents phonèmes devrait-on dire. Le français est une des langues du monde qui comptent le plus de phonèmes vocaliques, seize pour être précis. Rappelons que les systèmes les plus fréquents utilisent 5 voyelles. L’alphabet latin étant limité, il a donc fallu inventer de nouvelles graphies pour noter certains phonèmes vocaliques.

 

La graphie e est prononcée en principe [ə] : le

le é est lui prononcé [e] : été

le è et le ê [ɛ] : père, fête.

 

Durant la deuxième moitié du XXème siècle, le [ɑ] postérieur, noté â, a pratiquement disparu au profit du [ä] antérieur (en France, les personnes âgées continuent souvent à faire la distinction). Le a de date et pâte est donc actuellement prononcé de la même façon.

Enfin, certains accents, u/ù/û et a/à, permettent d’éviter une ambiguïté entre des homographes : par exemple ou/où, sur/sûr et il a 2 chats/à midi.

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Les prépositions après les verbes français

Aujourd’hui, voici un petit conseil qui n’a l’air de rien mais qui vous sera très utile ! Les étudiants de cours en Français Langue Étrangère se compliquent parfois inutilement la tâche. Beaucoup d’entre eux pourraient s’éviter un double effort de mémorisation et mémoriser directement les verbes avec la ou les prépositions qui les suivent. Il s’agirait, en somme, de les mémoriser un peu comme des phrasal verbs en anglais.

Faute de l’avoir fait, un grand nombre de doutes risquent d’apparaître au moment, notamment, d’utiliser les pronoms personnels compléments et les pronoms relatifs.

Comment savoir si on dira :

*Je l’ai besoin* *j’y ai besoin* ou j’en ai besoin

ou encore *la chose que j’ai besoin* ou la chose dont j’ai besoin

si on ne sait pas que la locution verbale est : avoir besoin DE ?

Dans ce cas précis, la majorité des étudiants mémorisera en général une première fois la locution « avoir besoin », puis, s’apercevant que c’est insuffisant à l’heure d’utiliser certains pronoms, finira par mémoriser la locution « avoir besoin de ».

D’où l’utilité de dresser une liste personnelle des principaux verbes français avec leur(s) préposition(s) :

Donner quelque chose À quelqu’un

Obliger quelqu’un À faire quelque chose

Avoir envie DE

Parler DE quelque chose À quelqu’un

Etc.

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Quand tutoyer en français ?

En France, l’usage du tutoiement et du vouvoiement a beaucoup évolué ces 20 dernières années. Autrefois, le tu était réservé à la famille et aux amis intimes L’expression « être à tu et à toi avec quelqu’un », qui signifie être intime, montre bien à quel point l’usage du tu était la marque même de la familiarité.

tutoiement-dans-lentreprise-francaiseSi certaines professions ou catégories sociales (les professeurs ou les ouvriers entre eux par exemple) ont toujours préféré le tutoiement, le reste de la population utilisait le vous. Employer le tu indûment vous exposait aussitôt à un cinglant « On n’a pas élevé les cochons ensemble ! »

On tutoie aujourd’hui plus facilement, y compris au sein de l’entreprise. Entre collègues, le tutoiement est de règle et ne pas s’y plier vous signalera comme quelqu’un pour le moins de distant sinon d’étrange. Reste cependant qu’en France l’usage du tu ne s’apparente pas à celui des hispanophones ou des catalanophones : dans toute situation de rapport hiérarchique (responsable d’un service/employé, fournisseur/client, personne âgée/jeune, etc.) le vouvoiement continue à s’utiliser. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de passer au tu mais ce passage, comme c’est le cas depuis toujours, est ritualisé. La personne hiérarchiquement supérieure (responsable, fournisseur, personne âgée, etc.) pourra proposer à son interlocuteur: « On peut peut-être se tutoyer, non ? » Après acceptation (on peut difficilement faire autrement !), les deux personnes passeront définitivement au tutoiement.

Il sera intéressant de revenir sur l’usage du tu et du vous dans quelques années, car si le vouvoiement n’est pas encore en voie d’extinction son champ d’application tend indiscutablement à diminuer.

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Le commerce international et l’interculturalité

L’importance de l’interculturel dans les classes de français en entreprises est assez peu soulignée, c’est pourtant capital. On pourrait définir très rapidement l’interculturel par la sensibilisation à la culture de l’autre. Chacun agit en fonction des codes de sa propre culture et chacun pense inconsciemment que cette manière de faire est non seulement «normale» mais «meilleure».

Cette sensibilisation est d’autant plus importante que les cultures sont ou semblent proches. Cela peut sembler paradoxal mais s’explique facilement.

Qu’un Espagnol aille faire du commerce en Chine et il sera automatiquement sur un qui –vive permanent pour décoder et comprendre la culture chinoise: chacun sait que ce sont des cultures radicalement différentes. Sans un apprentissage spécifique, ce décodage sera sans doute difficile pour lui; il reste qu’il en aura intériorisé la nécessité.

Mais que le même Espagnol fasse des affaires avec un Français et il se dira presque aussi automatiquement que dans le premier cas : «Nos deux pays sont européens, voisins qui plus est, et nous parlons deux langues romanes: nous devrions facilement nous entendre. » Or les ressortissants des deux pays agissent et pensent différemment dans de nombreux domaines, ce qui génère malentendus, quiproquos, incompréhensions, et explique bon nombre d’échecs commerciaux. Voilà pourquoi il est important d’être sensibilisé à la culture de l’autre.

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Expression de l’hypothèse : les erreurs à éviter

Erreur expression hypothèseTous la font : des enfants francophones jusqu’aux apprenants de français langue étrangère ; cette erreur est parfois fossilisée et elle peut être alors difficile à corriger aux niveaux intermédiaire et avancé. Comme on le sait, pour exprimer l’hypothèse sur le présent (présentement irréalisable) ou le passé (hypothèse irréelle dans le passé) avec la conjonction SI, la structure syntaxique est :

SI + Imparfait + Conditionnel

Et

Si + plus-que-parfait + Conditionnel passé

Il est important de remarquer que le mode conditionnel ne peut être employé directement après la conjonction : c’est précisément l’erreur récurrente de bon nombre de locuteurs débutants en français :

Si *j’aurais su*, je ne serais pas venu.

Si j’avais su, je ne serais pas venu.

La deuxième erreur, typique des hispanophones/catalanophones, est d’utiliser, comme dans leur langue maternelle, le subjonctif en lieu et place de l’imparfait ou du plus-que-parfait :

Si tu *prennes* l’autobus maintenant, tu aurais le temps d’y être à l’heure.

Si tu prenais l’autobus maintenant, tu aurais le temps d’y être à l’heure.

Tous ces rappels ne doivent pas vous faire oublier qu’il est presque toujours possible de changer l’ordre de la condition et de la conséquence dans la phrase hypothétique. Vous pourrez donc dire :

Je ne serais pas venu si j’avais su.

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (3)

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont pourtant faciles à éviter.

1. La confusion entre « d’ailleurs » et « par ailleurs »

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. « En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs » vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

2. La confusion entre « magazine » et « magasin ». Le premier est un synonyme de revue et se prononce [magazin] ; le deuxième désignait à l’origine un lieu d’entrepôt et signifie aujourd’hui boutique : il se prononce [magazɛ̃], il faut donc bien veiller à nasaliser la dernière voyelle.

3. La confusion entre « champagne » et « campagne ». La Champagne est une région (où est d’ailleurs produit un vin d’appellation contrôlée : le vin de champagne). La campagne désigne une zone rurale, par opposition aux zones urbaines ; il est vrai que les terrains cultivés dans la campagne s’appellent des champs !

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Prononciation de la graphie -QU- en français

Mais comment prononcer la graphie –qu- en français : [k] ou [kw] ? Beaucoup d’étudiants hispanophones et catalanophones hésitent couramment. Disons simplement que dans l’immense majorité des cas, cette graphie se prononce [k] : quand, qui, quoi. Attention : dans ce dernier cas, vous entendez bien [kw] mais c’est à cause de la graphie –oi- !

Ça, c’est pour la statistique ! Mais, en réalité, lorsque le mot est encore perçu comme un emprunt à une langue étrangère (c’est à dire, ici, au latin), les Français veulent respecter les règles de prononciation de cette langue. Pour le cas qui nous occupe aujourd’hui, si le mot qui contient la graphie –qu- leur semble encore être un mot savant emprunté au latin, les Français prononceront [kw]. Voyez par exemple les mots composés en aqua (« eau » en latin) : aquarelle, aquaculture, aquagym, etc.

Mais ce serait encore trop simple ! Les Français eux-mêmes semblent hésiter entre deux prononciations : cette hésitation est d’ailleurs signe que le mot s’intègre peu à peu dans la langue et ne se perçoit presque plus comme un emprunt. Prenons le mot quadruple : vous entendrez certains Français prononcer [k] mais d’autres diront [kwa] !

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