Le discours indirect en français (1)

Il est fréquent de répéter les propos de quelqu’un, c’est ce qu’on appelle en grammaire le discours indirect. Celui-ci pose généralement un problème au locuteur : il lui faut modifier la syntaxe de la phrase originelle.

Une première transformation concerne le type de phrase. Pour introduire une phrase déclarative, on utilise « que ».

Je vous remettrai le dossier demain matin.

Je lui ai dit que je lui remettrais le dossier demain matin.

Pour introduire une question fermée, on utilise « si ».

Vous pouvez m’envoyer le devis avant mardi ?

Je lui demande s’il peut m’envoyer le devis avant mardi.

Pour introduire une question ouverte, on reprend le mot interrogatif.

Où achetez-vous ces produits ?

Je lui ai demandé où elle achetait ces produits.

Pour introduire une question avec « quoi », « que » ou « qu’est-ce que » on utilise « ce que ».

Tu fais quoi ?

Il lui demande ce qu’elle fait.

Que voulez-vous dire ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Je vous demande ce que vous voulez dire.

Enfin, pour introduire une phrase à l’impératif, on utilise la préposition « de ».

Asseyez-vous !

Il m’a demandé de m’asseoir.

À cette première transformation, il faudra ajouter celle des marqueurs temporels (par exemple, ce jour-là pour aujourd’hui, la veille pour hier ou le lendemain pour demain) et les pronoms sujets ainsi que les adjectifs possessifs et démonstratifs.

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Les expressions avec « ailleurs »

De nombreux d’apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».

« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. Ce sont ces deux expressions qui posent le plus de difficultés.« En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs », lui, vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Bien que nous continuions à travailler durant le mois de juillet, les vacances de notre blog commencent dès aujourd’hui. Nous vous souhaitons à tous et à toutes un excellent été et espérons vous retrouver dès le début du mois de septembre !

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Les faux anglicismes du français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Mais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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Molière à l’origine de nombreuses expressions du français courant (2)

Il y a déjà quelques mois, nous avions vu quelques expressions françaises directement tirées de pièces de théâtre de Molière. Il en existe d’autres !

Martine, congédiée par sa maîtresse Philamine au motif qu’elle fait des fautes de grammaire, pense que cela n’est qu’un prétexte : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » (Les femmes savantes). Certes, l’expression proverbiale existait avant Molière sous une autre forme (« Qui bon chien veut tuer, la raige li met seure »), mais c’est bien celle de Molière qui est aujourd’hui couramment employée quand on veut laisser entendre qu’un prétexte est utilisé pour se débarrasser de quelqu’un.

Dans le Bourgeois gentilhomme, M. Jourdain se réjouit de découvrir que, tout langage étant classé soit en prose soit en vers, il fait depuis toujours de la prose sans le savoir. « Faire de la prose sans le savoir » est donc aujourd’hui une manière d’expliquer avec humour que l’on a réussi dans une activité mais par hasard et sans l’avoir voulu.

Enfin, « le petit chat est mort » révèle une naïveté excessive et une ignorance des affaires du monde. C’est la réponse d’Agnès à Arnolphe dans L’école des femmes. Ce dernier a recueilli cette jeune fille pauvre et l’a fait élever dans un couvent pour mieux l’isoler et la marier. Un jour, alors qu’il lui rend visite et lui demande ce qui s’est passé dernièrement, Agnès lui répond innocemment « Le petit chat est mort ».

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Comment prononcer le « h » en français 

Mais à quoi sert donc le en français ? On ne le prononce jamais ! La situation se complique quand on sait qu’il existe en français deux type de h : le h aspiré et le h muet.  Les Français semblent parfois bien tordus : pourquoi inventer deux variantes à un son qui n’existe pas ? C’est que, si le h ne se prononce pas, il a pourtant des conséquences sur l’élision et la liaison : un h aspiré les interdit alors qu’un h muet l’autorise :

Le hameau et Les hameaux (sans liaison).

L’heure et Les heures (avec liaison).

Comment savoir si le h est aspiré ou muet ? En général, si le mot est importé et possède un son h articulé dans sa langue d’origine (les langues germaniques, l’anglais et les langues orientales notamment), le h sera conservé dans l’orthographe française, et sera aspiré (mais ne sera plus articulé, comme on vient de le voir). Mais de nombreux mots d’origine étrangère finissent, avec l’usage, par perdre leur h aspiré. C’est le cas par exemple de handicap, qui vient de l’expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Beaucoup de francophones prononcent aujourd’hui :

L’handicapé et Les handicapés (avec liaison).

Il n’existe donc pas de truc infaillible pour savoir si le h à l’initiale est muet ou aspiré. La meilleure solution, en français langue étrangère, c’est de le mémoriser pour chaque mot !

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Introduire la conséquence avec « AUSSI »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

J’aime la musique reggae, et toi ?

Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi, j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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L’accent circonflexe en français

Si l’accent circonflexe est apparu à la Renaissance, il est employé systématiquement dans la langue française depuis le XVIIIème siècle. Jusqu’à cette époque, on continuait d’écrire certains s placés devant une autre consonne et ceci même s’ils ne se prononçaient plus en français. Lors de l’édition du dictionnaire de l’Académie française en 1740, il a été décidé que ces s seraient supprimés de la graphie. Mais les Français, peut-être excessivement nostalgiques, ont décidé de noter cette disparition par un accent circonflexe sur la voyelle précédente.

 

C’est donc ainsi que teste est devenu tête, hospital, hôpital, bastir, bâtir, etc. Connaitre l’origine de cet accent est donc très utile à tous les locuteurs de langues romanes qui, elles, ont conservé le s car il est encore prononcé. Si un mot possédant un accent circonflexe vous pose des difficultés de compréhension, il suffira donc d’essayer d’ajouter un s derrière la voyelle pour retrouver en principe le mot d’une langue latine. Ainsi, Pâques donne naturellement Pasques, c’est-à-dire Pascua en espagnol. Mais attention ! les s devant consonnes n’ont pas tous disparu parce que certains continuent de se prononcer… Ainsi, on écrit fête mais festin et festoyer.

Enfin, on utilise aussi l’accent circonflexe comme signe diacritique, c’est-à-dire pour distinguer des homophones : sûr et sur, et du, mûr et mur, etc.

Pour terminer, notons que, depuis la réforme de la simplification de l’orthographe officiel du français de 1990, le circonflexe a disparu du i et du u (excepté si sa disparition peut entraîner une ambigüité, comme dans / du par exemple).

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Le piston : un bon moyen d’obtenir un avantage !

En France, comme partout dans le monde, il est possible d’entrer dans une entreprise par piston (expression familière). L’image est assez parlante : vous obtenez un poste grâce à un appui qui, comme le piston, vous soulève en quelque sorte pour mieux vous distinguer du lot des candidats. On vous dira alors que vous êtes pistonné (ce qui peut être péjoratif si vous n’êtes pas très compétent…).

« Tu ne vas pas me dire que ton beau-frère est entré dans l’entreprise où tu travailles uniquement grâce à ses compétences ? »

« Bien sûr que non ! Je l’ai pistonné. »

Moyen très efficace pour obtenir un poste de travail, le piston peut également être utile pour bénéficier de n’importe quel avantage.

« Où as-tu pu acheter ce champagne à un tel prix ? »

« J’ai un bon piston ! »

Aujourd’hui, on préfère souvent parler de « bouche à oreille », de « relationnel », de « recommandation » ou mieux de « réseau ». Il reste que la différence entre le « réseau » et le piston est parfois ténue !

Le piston peut revêtir une forme particulière : un employé qui obtient un avancement à l’intérieur d’une entreprise grâce à ses relations sentimentales avec son supérieur hiérarchique, cela s’appelle « la promotion canapé » !

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Place de l’adjectif en français

Vous avez sûrement appris durant vos classes de français que la place naturelle de l’adjectif (comme de l’adverbe) est après le substantif.

C’est une proposition intéressante.

Découpez la forme rectangulaire.

Il existe cependant des adjectifs qui doivent être placés avant le nom ; ce sont toujours des mots courts, d’une ou deux syllabes. Grand, gros, petit, beau, joli, brave, autre, nouveau, bon, vieux, jeune, même, mauvais… seront par exemple placés à gauche du substantif.

Une grande maison et non une maison grande

Un bon livre et non un livre bon

Mais les choses se compliquent encore car certains adjectifs peuvent se placer soit à gauche, soit à droite du nom. Évidemment, vous n’êtes pas libre de choisir : dans le premier cas, la caractérisation est de nature subjective, c’est un jugement de valeur ; dans le second, l’adjectif est purement descriptif.

Mon ancienne voiture était une Peugeot.

signifie que ma précédente voiture était une Peugeot ; par contre,

Ce n’était pas une voiture ancienne.

signifie qu’elle n’était pas très vieille. Victor Hugo joue sur cette double signification lorsqu’il écrit

Charlemagne était un de ces très rares grands hommes qui sont aussi des hommes grands.

Il signifie ainsi que, selon lui, Charlemagne était non seulement un personnage illustre mais aussi grand de taille.

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Bonnes fêtes à tous !

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Le connecteur logique « d’autant… que »

Les étudiants en français langue étrangère ont traditionnellement des difficultés à utiliser (voire comprendre) la conjonction « d’autant… que ». La raison principale est qu’il n’en existe pas de traduction dans leur langue maternelle. Et pourtant, elle est très commune en français, tant à l’oral qu’à l’écrit, car c’est aussi un procédé de rhétorique. En effet, elle permet d’ajouter une autre cause à une cause première qui peut être exprimée ou sous-entendue (cas d’ailleurs très fréquent) ; on peut donc, grâce à elle, renforcer un argument.

Elle n’est jamais en tête de phrase et se place à l’intérieur de la phrase. Elle est souvent associée à des termes comparatifs :

  • d’autant plus/moins + adjectif + que
  • d’autant plus/moins de + nom + que
  • d’autant (plus/moins) que + proposition

Voici quelques exemples pour comprendre l’utilisation de cette conjonction.

Le candidat élu était d’autant plus heureux qu’il pensait ne pas pouvoir gagner.

Cause première à son bonheur (non exprimée, mais implicite) : son élection ; cause seconde : c’est une surprise pour lui, il pensait perdre.

Durant l’épreuve, le cycliste avait d’autant moins de force qu’il s’était mal alimenté la veille.

Cause première à sa fatigue (non exprimée, mais implicite) : son effort physique durant la course ; cause seconde : sa mauvaise alimentation.

Je ne vous en veux pas du tout, d’autant (plus) que personne n’est à l’abri d’une erreur.

Cause première (non exprimée, même implicitement) : je ne suis pas rancunier par nature ; cause seconde : je sais que tout le monde peut faire des erreurs. Dans ce dernier exemple, le mot « plus » est facultatif et ne sera ici d’ailleurs généralement pas exprimé.

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