L’expression de la restriction avec ne… que

L’expression de la restriction pose généralement beaucoup de problème aux étudiants de français langue étrangère, surtout pour la percevoir à l’oral dans la bouche de leurs interlocuteurs.

La restriction peut être exprimée par l’adverbe seulement :

À la dernière réunion, il y avait seulement trois personnes.

Elle prend seulement un bagage à main.

À l’oral, la tournure ne… que est presque toujours préférée à seulement. Ne se place avant le verbe de la proposition et que se place devant le terme sur lequel porte la restriction.

À la dernière réunion, il n’y avait que trois personnes.

Elle ne prend qu’un bagage à main.

Le problème est que, comme pour la négation verbale, la première partie de la tournure (ne) est systématiquement éliminée à l’oral.

À la dernière réunion, il y avait que trois personnes.

Si la forme que est élidée (soit en raison de la chute du e caduc soit devant un mot commençant par une voyelle), la restriction est uniquement exprimée par qu’, c’est-à-dire par le son [k] !

À la dernière réunion, il y avait qu’trois personnes.

Elle prend qu’un bagage à main.

 

Ce procédé offre une économie de moyens certaine : nous passons successivement d’un mot de trois ou deux syllabes (seulement/seul’ment), à une tournure à deux syllabes (ne… que) puis à une syllabe (que) pour finir par un unique son (qu’). Mais pour l’étudiant étranger, cela signifie qu’il doit redoubler d’attention. Distinguez par exemple :

Elle prend un bagage à main.

Elle prend qu’un bagage à main.

 

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Ponctualité à la française : le quart d’heure de politesse

On a parfois parlé de « quart d’heure bordelais », de « quart d’heure toulousain », de « quart d’heure rémois », de « quart d’heure charentais »… tous ces quarts d’heure, semblent être des spécificités régionales. Ils renvoient cependant tous à la même réalité sur la totalité du territoire français : il serait plus judicieux et plus juste de parler de « quart d’heure français » !

À quoi correspond ce qu’on appelle aussi le quart d’heure de politesse ? C’est la marge communément admise pour être ponctuel en France : si vous avez rendez-vous avec un ami dans un café à 16h, vous saurez tous les deux tacitement que vous pourrez arriver entre 16h et 16h15. À partir de cette heure, chacun pourra commencer à s’inquiéter ou à s’énerver ! Ce quart d’heure de politesse est parfois même obligatoire. Si l’invitation est un peu plus formelle, disons qu’un couple d’amis vous invite chez eux, on attendra de vous de ne pas arriver avant l’écoulement de ce quart d’heure. Concrètement, si on vous a invité à 13h, se présenter avant 13h15 vous fera arriver avant l’heure (ce qui surprendra votre hôte).

Attention toutefois, dans le milieu professionnel, le quart d’heure de politesse ne s’applique pas : en général, l’heure de la réunion ou du déjeuner d’affaires est bien celle qu’on vous aura communiquée et n’y ajoutez donc pas 15 minutes en croyant arriver à l’heure : cette fois-ci, vous serez en retard !

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Le discours indirect en français (1)

Il est fréquent de répéter les propos de quelqu’un, c’est ce qu’on appelle en grammaire le discours indirect. Celui-ci pose généralement un problème au locuteur : il lui faut modifier la syntaxe de la phrase originelle.

Une première transformation concerne le type de phrase. Pour introduire une phrase déclarative, on utilise « que ».

Je vous remettrai le dossier demain matin.

Je lui ai dit que je lui remettrais le dossier demain matin.

Pour introduire une question fermée, on utilise « si ».

Vous pouvez m’envoyer le devis avant mardi ?

Je lui demande s’il peut m’envoyer le devis avant mardi.

Pour introduire une question ouverte, on reprend le mot interrogatif.

Où achetez-vous ces produits ?

Je lui ai demandé où elle achetait ces produits.

Pour introduire une question avec « quoi », « que » ou « qu’est-ce que » on utilise « ce que ».

Tu fais quoi ?

Il lui demande ce qu’elle fait.

Que voulez-vous dire ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Je vous demande ce que vous voulez dire.

Enfin, pour introduire une phrase à l’impératif, on utilise la préposition « de ».

Asseyez-vous !

Il m’a demandé de m’asseoir.

À cette première transformation, il faudra ajouter celle des marqueurs temporels (par exemple, ce jour-là pour aujourd’hui, la veille pour hier ou le lendemain pour demain) et les pronoms sujets ainsi que les adjectifs possessifs et démonstratifs.

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Exprimer l’affection grâce à « petit »

En français, l’adjectif « petit » peut exprimer une intention affectueuse ; en grammaire, on dit qu’il est hypocoristique. À ce titre, « petit » dénote un sentiment amical (et n’exprime donc aucune quantité) :

Tu sais, la petite brune qui habitait à côté ?

Oui, et bien ?

Elle a déménagé à Orléans.

ou même amoureux, surtout s’il est précédé d’un adjectif possessif :

Sa petite amie est Italienne.

Le ou la petit(e) ami(e) est donc la personne qu’on fréquente et dont on est amoureux/se. Pensez aussi à toutes les interpellations affectueuses que peuvent s’adresser les personnes qui s’aiment : mon petit chat, mon petit chéri, mon petit chou, etc.

Attention toutefois, un adjectif possessif suivi d’un « petit » peut aussi exprimer la condescendance et le mépris :

Mon petit monsieur, il faudrait voir à vous adresser à moi d’une autre manière !

En parlant des choses, l’adjectif « petit » souligne ce qu’on juge agréable. Si un ami vous dit un jour :

« J’ai découvert un petit restaurant dans le quartier des Halles… » (à l’oral, il est important de laisser en suspens cette phrase pour son intelligibilité), il est tout simplement en train de vous expliquer que ce restaurant est sympathique, qu’on y mange bien, etc.

Cet usage de « petit » est très utilisé dans les invitations, pour souligner tout le plaisir qu’on pourra en tirer en les acceptant :

  • Ça te dit de se faire un petit ciné, ce soir ?
  • Un petit café ?

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Le poids de la théorie chez les Français

La démonstration théorique prime toujours pour les Français. Il est peu probable qu’ils tentent de mettre en pratique un projet qui n’aura pas été conceptualisé a priori. Le pendant est qu’ils comprennent difficilement qu’on puisse essayer de réaliser un projet sans l’avoir au préalable rationnellement défini. On peut imaginer les malentendus possibles avec des personnes plus pragmatiques comme les Anglo-saxons ou les Japonais ; Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, explique dans son livre Citoyen du monde : « Les Japonais ne sont pas des champions de la théorie. Leur point fort, c’est de partir d’une observation pragmatique, simple, et d’essayer de construire une solution. Je n’ai pas vu d’essais très théoriques produits au Japon. »

L’effort de définition est ainsi, pour les Français, toujours capital et nécessaire, et n’importe quelle réunion de travail avec eux est sur ce point édifiante. Ce n’est pas étonnant : en France, le système éducatif transmet l’idée qu’une réponse à un problème n’est trouvée qu’en en définissant ses termes et qu’il existe donc autant de solutions que de définitions.

Cet attachement à la théorie fait leur force (et peut-être explique-t-elle l’excellence des théoriciens français, des mathématiques en passant par toutes les sciences sociales) ; elle fait aussi parfois leur faiblesse. C’est ce que pointe une célèbre –et vieille- blague anglaise. Un jour, un Anglais parvient à montrer à un Français, preuves matérielles à l’appui, que Dieu existe bel et bien. Le Français l’écoute, reste en silence durant un moment et finit par lui répondre : « D’accord, dans les faits, Dieu existe, mais en théorie ? » On leur reproche donc (et les Français eux-mêmes se le reprochent) de ne pas être assez pragmatiques. Ce reproche est parfois excessif : si tous, sous l’influence principalement anglo-saxonne, devenions pragmatiques, la compréhension du monde n’en serait-elle pas diminuée ? C’est sans aucun doute la diversité des approches qui nous permet de comprendre un phénomène.

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Reprise des cours de français à VOILÀ

C’est la neuvième rentrée à VOILÀ en ce début du mois de septembre 2018 : nous avons hâte de fêter nos dix ans l’année prochaine ! Nous sommes heureux de retrouver tous nos clients : Quimidroga, Delta Dore, Bundó Display, Gecom, Leroy Merlin, Synergie, Flamagas, Sixense et Sagardoy Abogados. Les classes au Servei d’Ocupació de Catalunya et au Département de la Culture de la Generalitat reprendront un peu plus tard dans l’année.

La note de l’enquête de satisfaction remplie par les étudiants de l’an passé a plutôt été encourageante : 4,42 sur 5 ! Mention spéciale pour nos professeurs, avec une note moyenne de 4,77 sur 5 !

Nous reprenons donc aujourd’hui la publication sur notre blog ainsi que sur tous les réseaux sociaux : Twitter, Facebook et Instagram. Inscrivez-vous à ces différents comptes si ce n’est pas encore fait : vous apprendrez tous les jours quelque chose !

Parmi nos objectifs, cette année, nous voudrions généraliser l’utilisation de la plateforme Edmodo dans nos cours ; elle permettra aux étudiants d’avoir accès aux documents sonores et aux vidéos que les professeurs utilisent en classe : ils pourront donc les réécouter ou les revoir librement en dehors de la classe. Le professeur pourra aussi y laisser du matériel complémentaire pour les plus motivés afin qu’ils puissent travailler et améliorer leur français après le cours.

Nous vous souhaitons à tous une excellente année, en français, bien sûr !!

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Les expressions avec « ailleurs »

De nombreux d’apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».

« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. Ce sont ces deux expressions qui posent le plus de difficultés.« En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs », lui, vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Bien que nous continuions à travailler durant le mois de juillet, les vacances de notre blog commencent dès aujourd’hui. Nous vous souhaitons à tous et à toutes un excellent été et espérons vous retrouver dès le début du mois de septembre !

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Avec les Français, sachez utiliser votre culture méditerranéenne !

Connaître et s’adapter aux us et coutumes de la culture de l’autre est primordial si on veut faciliter la communication et éviter de nombreux malentendus. On ne calcule plus le nombre de contrats n’ayant finalement pas été signés en raison d’une incompréhension interculturelle des deux parties –incompréhension liée souvent à« un point de détail »qui prend soudainement une importance démesurée.

Mais il ne s’agit pas d’oublier nos habitudes pour « singer » celles de l’autre ; il faut aussi savoir rester naturel et utiliser à bon escient les préjugés de l’autre sur de notre culture.

Question relations humaines, le Français a par exemple un a priori positif vis à vis des Méditerranéens. Il suffit qu’un Italien ou un Espagnol le tutoie ou lui touche le bras pendant la conversation pour qu’il s’étonne avec ravissement de leur chaleur humaine et qu’il pense : « Tout de même ! Ces Espagnols/Italiens, ce qu’ils sont sympathiques ! et comme tout est facile avec eux ! »(et il oubliera complètement qu’un compatriote ayant eu la même attitude l’aurait offusqué !).

N’ayez donc pas peur d’avoir recours à ces moyens pour mieux approcher votre interlocuteur et instaurer un climat de confiance lors d‘une négociation : feignez d’oublier que vous savez le vouvoiement obligatoire, faites comme dans votre langue, tutoyez-le ; ce qu’il n’acceptera jamais d’un compatriote sera accueilli avec enchantement si c’est vous. Il s’agit simplement de ne pas dépasser la limite de l’acceptable pour votre interlocuteur. Une écoute active et un peu d’intuition devraient vous permettre d’y parvenir.

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Les faux anglicismes du français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Mais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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Molière à l’origine de nombreuses expressions du français courant (2)

Il y a déjà quelques mois, nous avions vu quelques expressions françaises directement tirées de pièces de théâtre de Molière. Il en existe d’autres !

Martine, congédiée par sa maîtresse Philamine au motif qu’elle fait des fautes de grammaire, pense que cela n’est qu’un prétexte : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » (Les femmes savantes). Certes, l’expression proverbiale existait avant Molière sous une autre forme (« Qui bon chien veut tuer, la raige li met seure »), mais c’est bien celle de Molière qui est aujourd’hui couramment employée quand on veut laisser entendre qu’un prétexte est utilisé pour se débarrasser de quelqu’un.

Dans le Bourgeois gentilhomme, M. Jourdain se réjouit de découvrir que, tout langage étant classé soit en prose soit en vers, il fait depuis toujours de la prose sans le savoir. « Faire de la prose sans le savoir » est donc aujourd’hui une manière d’expliquer avec humour que l’on a réussi dans une activité mais par hasard et sans l’avoir voulu.

Enfin, « le petit chat est mort » révèle une naïveté excessive et une ignorance des affaires du monde. C’est la réponse d’Agnès à Arnolphe dans L’école des femmes. Ce dernier a recueilli cette jeune fille pauvre et l’a fait élever dans un couvent pour mieux l’isoler et la marier. Un jour, alors qu’il lui rend visite et lui demande ce qui s’est passé dernièrement, Agnès lui répond innocemment « Le petit chat est mort ».

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