Le discours indirect en français (1)

Il est fréquent de répéter les propos de quelqu’un, c’est ce qu’on appelle en grammaire le discours indirect. Celui-ci pose généralement un problème au locuteur : il lui faut modifier la syntaxe de la phrase originelle.

Une première transformation concerne le type de phrase. Pour introduire une phrase déclarative, on utilise « que ».

Je vous remettrai le dossier demain matin.

Je lui ai dit que je lui remettrais le dossier demain matin.

Pour introduire une question fermée, on utilise « si ».

Vous pouvez m’envoyer le devis avant mardi ?

Je lui demande s’il peut m’envoyer le devis avant mardi.

Pour introduire une question ouverte, on reprend le mot interrogatif.

Où achetez-vous ces produits ?

Je lui ai demandé où elle achetait ces produits.

Pour introduire une question avec « quoi », « que » ou « qu’est-ce que » on utilise « ce que ».

Tu fais quoi ?

Il lui demande ce qu’elle fait.

Que voulez-vous dire ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Je vous demande ce que vous voulez dire.

Enfin, pour introduire une phrase à l’impératif, on utilise la préposition « de ».

Asseyez-vous !

Il m’a demandé de m’asseoir.

À cette première transformation, il faudra ajouter celle des marqueurs temporels (par exemple, ce jour-là pour aujourd’hui, la veille pour hier ou le lendemain pour demain) et les pronoms sujets ainsi que les adjectifs possessifs et démonstratifs.

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Exprimer l’affection grâce à « petit »

En français, l’adjectif « petit » peut exprimer une intention affectueuse ; en grammaire, on dit qu’il est hypocoristique. À ce titre, « petit » dénote un sentiment amical (et n’exprime donc aucune quantité) :

Tu sais, la petite brune qui habitait à côté ?

Oui, et bien ?

Elle a déménagé à Orléans.

ou même amoureux, surtout s’il est précédé d’un adjectif possessif :

Sa petite amie est Italienne.

Le ou la petit(e) ami(e) est donc la personne qu’on fréquente et dont on est amoureux/se. Pensez aussi à toutes les interpellations affectueuses que peuvent s’adresser les personnes qui s’aiment : mon petit chat, mon petit chéri, mon petit chou, etc.

Attention toutefois, un adjectif possessif suivi d’un « petit » peut aussi exprimer la condescendance et le mépris :

Mon petit monsieur, il faudrait voir à vous adresser à moi d’une autre manière !

En parlant des choses, l’adjectif « petit » souligne ce qu’on juge agréable. Si un ami vous dit un jour :

« J’ai découvert un petit restaurant dans le quartier des Halles… » (à l’oral, il est important de laisser en suspens cette phrase pour son intelligibilité), il est tout simplement en train de vous expliquer que ce restaurant est sympathique, qu’on y mange bien, etc.

Cet usage de « petit » est très utilisé dans les invitations, pour souligner tout le plaisir qu’on pourra en tirer en les acceptant :

  • Ça te dit de se faire un petit ciné, ce soir ?
  • Un petit café ?

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Le poids de la théorie chez les Français

La démonstration théorique prime toujours pour les Français. Il est peu probable qu’ils tentent de mettre en pratique un projet qui n’aura pas été conceptualisé a priori. Le pendant est qu’ils comprennent difficilement qu’on puisse essayer de réaliser un projet sans l’avoir au préalable rationnellement défini. On peut imaginer les malentendus possibles avec des personnes plus pragmatiques comme les Anglo-saxons ou les Japonais ; Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, explique dans son livre Citoyen du monde : « Les Japonais ne sont pas des champions de la théorie. Leur point fort, c’est de partir d’une observation pragmatique, simple, et d’essayer de construire une solution. Je n’ai pas vu d’essais très théoriques produits au Japon. »

L’effort de définition est ainsi, pour les Français, toujours capital et nécessaire, et n’importe quelle réunion de travail avec eux est sur ce point édifiante. Ce n’est pas étonnant : en France, le système éducatif transmet l’idée qu’une réponse à un problème n’est trouvée qu’en en définissant ses termes et qu’il existe donc autant de solutions que de définitions.

Cet attachement à la théorie fait leur force (et peut-être explique-t-elle l’excellence des théoriciens français, des mathématiques en passant par toutes les sciences sociales) ; elle fait aussi parfois leur faiblesse. C’est ce que pointe une célèbre –et vieille- blague anglaise. Un jour, un Anglais parvient à montrer à un Français, preuves matérielles à l’appui, que Dieu existe bel et bien. Le Français l’écoute, reste en silence durant un moment et finit par lui répondre : « D’accord, dans les faits, Dieu existe, mais en théorie ? » On leur reproche donc (et les Français eux-mêmes se le reprochent) de ne pas être assez pragmatiques. Ce reproche est parfois excessif : si tous, sous l’influence principalement anglo-saxonne, devenions pragmatiques, la compréhension du monde n’en serait-elle pas diminuée ? C’est sans aucun doute la diversité des approches qui nous permet de comprendre un phénomène.

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