La langue française tente d’éviter l’hiatus (2)

Nous avons vu, il y a deux semaines, que les Français détestaient prononcer l’hiatus et que les processus inventés par eux afin de l’éviter expliquaient bon nombre d’« exceptions » grammaticales (généralement incompréhensibles des étudiants de Français Langue Étrangère). Éviter l’hiatus explique aussi certaines déformations orales, qui, bien qu’incorrectes, n’en sont pas moins fréquentes dans le discours spontané et familier :

En principe, Qu’ est la version du pronom relatif ou interrogatif Que devant voyelle : C’est ce que je dis / C’est ce qu’il fait / Qu’est-il arrivé ? ; mais Qu’ devient aussi, à l’oral, la version du pronom relatif Qui devant un mot commençant par voyelle : « L’homme qui est arrivé hier » se transforme à l’oral en « L’homme qu’est arrivé hier ».

De la même façon, Tu devient T’ devant voyelle : « Tu es arrivé hier ? » / « T’es arrivé hier ? ».

Bien évidemment, il existe de nombreux cas où l’hiatus ne disparaît pas (on ne peut tout de même pas multiplier les « trucs » pour l’éviter !), comme dans « Il a eu » ou « Ça a été impossible ». Les Français, qui préfèrent prononcer des syllabes constituées d’une consonne et d’une voyelle (ce qui représente à leurs yeux une régularité équilibrée et harmonieuse), sont même obligés, alors, d’articuler des syllabes se réduisant à une voyelle : « Il a eu » = i-la-eu (c’est à dire voyelle/consonne+voyelle/voyelle).

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