Voilangue

Prononciation de la graphie oi en français

Comment se prononce la graphie oi ? le e latin est d’abord devenu, en Gaule, ei. Par exemple, me est logiquement devenu mei. Au début du XIIème siècle, cette diphtongue s’est de nouveau transformée en oi ; mei se prononçait et s’écrivait moi. C’est d’ailleurs l’orthographe actuelle du français.

Mais si la graphie s’est figée voilà déjà un millénaire, la langue parlée a continué d’évoluer et l’orthographe n’a plus correspondu à la phonétique. À la fin du XIIème siècle oi s’est prononcée /oé/ puis /oè/. Si vous allez au Québec, c’est d’ailleurs comme ça qu’on prononce.

À la fin du XVème siècle, le peuple de Paris commence à prononcer /wa/ ; cette prononciation se répand bientôt à tout le pays et à la Révolution seuls les aristocrates continuent à prononcer /oè/. Plus tard, un célèbre épisode de l’histoire de France montre à quel point la prononciation /wa/ était devenue majoritaire. À la Restauration, en 1814, lors de sa montée sur le trône, Louis XVIII aurait prononcé : « Le Roè, c’est moè », ce qui lui aurait valu bon nombre de railleries.

Mais attention ! à la même époque, oi, dans certains mots, commence à se prononcer non pas /wa/ mais /è/. On a alors changé la graphie pour ai. C’est pour cette raison, par exemple, qu’il existe le mot « français » et le prénom « François » : le premier, à l’inverse du second, a subi la réforme de l’orthographe, ils se prononcent différemment mais sont d’origine commune.

Bref, depuis cette époque, aucun autre changement de prononciation n’est venu changer le cours des choses, et voilà pourquoi la graphie oi se prononce encore aujourd’hui /wa/ !

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Expression de l’opposition : Bien que, Quoique et Malgré

Nous avons déjà abordé dans ce blog l’expression de l’opposition en français (voir notre post sur mais et quand même ainsi que celui sur pourtant). Il existe d’autres connecteurs logiques qui introduisent l’opposition.

Bien que et quoique sont synonymes (quoique est peut-être moins employé à l’oral que bien que, mais cela dépend du locuteur et de sa région d’origine) ; l’unique difficulté dans leur utilisation est qu’il vous faudra conjuguer le verbe qui les suit au subjonctif.

Bien que [=quoique] nous lui ayons conseillé d’appeler un réparateur, il a préféré le faire lui-même.

Attention à ne pas confondre quoique et quoi que ! Erreur commune, les deux expressions étant suivies du subjonctif. Quoi que signifie quel que soit, peu importe, comme dans :

Quoi que je fasse, elle n’est jamais contente.

C’est à dire : Peu importe ce que je fais, elle n’est pas contente.

Vous pouvez aussi introduire l’opposition avec malgré. Mais vous devez veiller à le faire suivre d’un substantif :

Malgré la pluie, le picnic est maintenu.

La locution malgré que (suivi du subjonctif) est en principe incorrecte (c’est ennuyeux pour les Catalans, parce qu’elle présente l’avantage d’être très proche du malgrat que !). Toutefois, une majorité de Français l’utilisant, on peut difficilement la refuser aux étudiants de français langue étrangère ! Malgré que est donc un synonyme de bien que et de quoique.

Malgré que nous lui ayons conseillé d’appeler un réparateur, il a préféré le faire lui-même.

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Se saluer au Québec (2)

Nous avions déjà abordé voilà quelque temps la question des salutations au Québec. Il nous restait à apporter quelques précisions, ce que nous faisons aujourd’hui.

Dans la « Belle province » (Québec), il est d’usage de saluer en disant « Allô ! » au lieu de « Bonjour ! ». Cela risque de surprendre de nombreux francophones, qui réservent « Allô ! » aux conversations téléphoniques. « Allô ! » et « Salut ! » sont les salutations les plus courantes au Québec ; « Bonjour ! » est considéré comme étant plus (voire trop) distant.

Les Québécois utilisent aussi le « Tu » beaucoup fréquemment que les autres francophones, et notamment les Français. Même dans des situations formelles, l’usage est de tutoyer ; vous ne risquez donc pas de faire un faux-pas : le « tu » ne pourra jamais être considéré comme trop familier et partant impoli. C’est que, quoi qu’on dise, l’influence de l’anglais au Québec se fait souvent sentir. Ici, la diffusion du « tu » s’explique par l’utilisation et l’influence du « you » anglais.

Cette influence explique d’ailleurs un autre usage : les Québécois répondent à « Merci ! » par « Bienvenue ! » (là où les autres francophones répondraient un « De rien » ou « Je vous/t’en prie »). Il faut tout simplement voir là la traduction littérale de l’anglais « You’re welcome ».

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