Les prépositions après les verbes français

Aujourd’hui, voici un petit conseil qui n’a l’air de rien mais qui vous sera très utile ! Les étudiants de cours en Français Langue Étrangère se compliquent parfois inutilement la tâche. Beaucoup d’entre eux pourraient s’éviter un double effort de mémorisation et mémoriser directement les verbes avec la ou les prépositions qui les suivent. Il s’agirait, en somme, de les mémoriser un peu comme des phrasal verbs en anglais.

Faute de l’avoir fait, un grand nombre de doutes risquent d’apparaître au moment, notamment, d’utiliser les pronoms personnels compléments et les pronoms relatifs.

Comment savoir si on dira :

*Je l’ai besoin* *j’y ai besoin* ou j’en ai besoin

ou encore *la chose que j’ai besoin* ou la chose dont j’ai besoin

si on ne sait pas que la locution verbale est : avoir besoin DE ?

Dans ce cas précis, la majorité des étudiants mémorisera en général une première fois la locution « avoir besoin », puis, s’apercevant que c’est insuffisant à l’heure d’utiliser certains pronoms, finira par mémoriser la locution « avoir besoin de ».

D’où l’utilité de dresser une liste personnelle des principaux verbes français avec leur(s) préposition(s) :

Donner quelque chose À quelqu’un

Obliger quelqu’un À faire quelque chose

Avoir envie DE

Parler DE quelque chose À quelqu’un

Etc.

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Terminologie pour désigner les personnes dans le monde du travail

La façon de désigner les personnes avec lesquelles on entretient un rapport hiérarchique dans le travail a changé. Pendant longtemps, le responsable de service a appelé les personnes qui travaillaient sous ses ordres ses « subordonnés », c’est à dire : qui dépendent hiérarchiquement d’une personne de rang plus élevé. Depuis qu’on essaie, à l’exemple des anglo-saxons, de réduire la distance hiérarchique au travail, « subordonné » est devenu péjoratif et discriminant.

Le subordonné s’est donc transformé en collaborateur (c’est à dire : personne qui travaille avec d’autres). Certains critiquent ce politiquement correct et y voient là une belle hypocrisie. C’est de toute manière paradoxal d’utiliser un mot qui jusque-là était lui aussi très marqué et péjoratif, et a même été une insulte. En effet, un collaborateur (ou mieux, un « collabo ») a longtemps désigné le partisan et l’artisan de la collaboration avec l’ennemi durant l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale.

Inversement, si « chef », forme populaire, continue d’être employé, il est concurrencé par « boss » et « supérieur hiérarchique » ou « responsable de service » lui sont communément préférés.

Toutefois, pour la personne qui exerce la même fonction qu’une autre ou qui fait partie de la même structure, on use encore et toujours du mot « collègue ». Il faut d’ailleurs souligner que, excepté dans le sud de la France, « collègue » ne suppose en aucune façon des relations d’amitié. Même si, évidemment, un collègue peut aussi devenir un ami.

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Le langage des doigts et des mains en France (2)

Nous continuons à voir ensemble la signification de quelques gestes des Français.

Le bout des cinq doigts qui se rejoignent et orientés vers le haut : ce geste ponctue le discours et montre que ce que vous dites est très important.

En ouvrant la main, la paume vers l’interlocuteur, et en l’agitant légèrement de gauche à droite et de droite à gauche, vous refusez poliment la proposition de votre interlocuteur.

Pour signifier que quelqu’un est fou, on tape légèrement son index contre sa tempe (variante : l’index tourne contre la tempe).

Les deux mains jointes et les doigts emmêlés, les pouces tournant l’un autour de l’autre : vous dites que vous êtes inoccupé, oisif.

La main semble jeter quelque chose par dessus l’épaule. On refuse ainsi de rendre service, ou une proposition qui nous semble exagérée.

Le pouce et l’index forment un petit cercle, les quatre doigts sont ouverts. Ce geste exprime l’appréciation, en particulier pour un plat, une recette de cuisine.

Enfin, voici un geste très vulgaire : le bras est plié, poing fermé et l’autre main vient frapper vigoureusement l’avant bras pour s’y poser. C’est le geste du « bras d’honneur ». C’est l’équivalent du geste où le majeur est tendu (les autres doigts sont repliés) –appelé lui un « doigt d’honneur ». Vous ainsi exprimez votre hostilité ; c’est une insulte.

Vous pouvez complétez votre apprentissage de la gestualité française grâce à l’humoriste Gad Elmaleh (c’est en anglais) :

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Le langage des doigts et des mains en France

On croit souvent que les gestes ont la même signification d’une culture à l’autre. Pourtant, tout le monde a en mémoire l’exemple des pays où on hoche la tête de bas en haut pour nier ou refuser, et de droite à gauche pour dire oui… Le langage non verbal est spécifique à chaque culture même si certaines d’entre elles peuvent partager certains gestes.

Voici quelques gestes employés en France.

Les doigts tendus vers l’interlocuteur, serrés les uns contre les autres et tapotant le pouce comme une pince qui s’ouvre et se referme, signifient « Tais-toi ! ». C’est un geste très familier et qui peut être très impoli voire agressif si vous le faites à une personne que vous connaissez peu.

En tendant votre index vers l’œil et en tirant un peu la peau vers le bas, vous dites à votre interlocuteur que vous ne le croyez pas. Vous pouvez accompagner votre geste par les mots : « Mon œil ! ». C’est aussi un geste familier.

En plaçant votre pouce près de l’oreille et l’auriculaire près de la bouche (les autres doigts sont repliés), vous dites « On se téléphone ! ».

Les doigts collés et repliés, qui frottent la joue du côté extérieur de la main, en soufflant légèrement : vous montrez que quelque chose ou quelqu’un vous ennuie. Vous pouvez accompagner votre geste des mots : « Ça/il me rase ! » ou « C’est rasant ! ».

Le poing fermé devant le nez avec une légère rotation : « Il a trop bu, il est ivre ! ».

Il existe beaucoup d’autres gestes ! Nous en reparlerons les prochaines semaines.

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Accent, rythme et mélodie en français

En français, à l’oral, il existe une composante fondamentale : la prosodie. Qu’est-ce que c’est donc ? Ce sont les règles d’accent, de rythme, de mélodie, de débit et de pauses. Ces règles peuvent être obligatoires, comme celle de l’accent final de groupe :

Je vais au cinéma demain soir.

ou optionnelles, comme celle de l’intonation montante pour la question

Tu vas au cinéma demain soir ?

En cours de français langue étrangère, il est indispensable d’étudier puis de maîtriser un minimum ces outils afin de pouvoir communiquer efficacement en français.

Mais on oublie trop souvent que cette même prosodie nous permet d’exprimer nos sentiments. Grâce au rythme, à la mélodie, aux pauses, etc., vous transmettez vos émotions à votre interlocuteur. Chaque langue possède des moules prosodiques prêts à l’emploi. Une même phrase aura donc une multitude de significations selon qu’elle sera dite de telle ou telle manière. En général, les étudiants en français langue étrangère ne connaissent que deux schémas prosodiques : ceux de l’affirmation et de la question.

Et pourtant, il en existe beaucoup d’autres ! Aujourd’hui, en guise de sensibilisation, nous vous proposons sept modèles prosodiques visant à exprimer, en français, sept émotions/sentiments de base.  Voici donc sept manières de dire : « Il va neiger demain. »

 

 

  1. Affirmation neutre
  2. Question neutre
  3. Vérification (n’est-ce pas ! j’ai bien compris ?)
  4. Surprise (je ne savais pas)
  5. Incrédulité, doute
  6. Insistance devant scepticisme (puisque je te dis)
  7. Affolement (mes beaux géraniums vont y passer !)

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La tradition du poisson d’avril en France

 Le jour du premier avril, il est d’usage en France de préparer quelques plaisanteries au détriment de ses amis et des membres de sa famille ; elles consistent à leur faire croire une chose fausse et même mieux : impossible. Les médias eux-mêmes se plient à la tradition et chacun essaie de découvrir, dans les journaux de la presse écrite, de la radio ou de la télé, l’information inventée du jour. Le premier avril, c’est donc notre 31 décembre à nous.

Quand votre victime est définitivement convaincue par la fausse nouvelle que vous avez spécialement imaginée à son intention, c’est le moment de lui dire « Poisson d’Avril ! », pour lui signifier ainsi qu’elle a été trop naïve en vous croyant.

Une autre tradition est d’accrocher le dessin d’un poisson dans le dos d’une personne, sans bien sûr qu’elle s’en aperçoive, et de la laisser se promener le plus longtemps possible ainsi affublée de cet appendice dorsal.

Malheureusement, tout comme le jour du Mardi Gras personne ne part travailler déguisé, n’espérez pas fêter le premier avril dans votre entreprise. Si cela n’est pas interdit et qu’un service, sous la houlette d’un collègue facétieux, pourra toujours célébrer cette coutume, c’est tout de même assez rare.

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La famille lexicale du mot « Affaire » (2)

Nous continuons aujourd’hui à voir ensemble les nombreuses expressions autour du mot affaire. Lorsque le mot est utilisé au pluriel, il renvoie presque toujours au commerce, au négoce, aux contrats qui lient une entreprise à une autre.

Nous faisons des affaires avec l’entreprise X depuis bientôt vingt ans (nous avons des relations commerciales client-fournisseur avec l’entreprise X).

(Il faudra donc distinguer cette expression de « faire affaire avec », voir notre précédent article).

Très souvent l’agent commercial doit faire un « voyage pour affaires » ou un « voyage d’affaires » afin de « parler affaires » (noter l’absence d’article dans l’expression), c’est à dire entreprendre des négociations. Ce sera pour lui l’occasion d’établir ou de consolider une « relation d’affaires ».

Le chiffre d’affaires (ou CA) est la somme des ventes de biens ou de services d’une entreprise sur un exercice comptable.

Les affaires renvoient aussi à toute chose concernant l’intérêt public : Le ministère des affaires étrangères, les affaires de l’État, etc.

Enfin, affaires au pluriel désigne également les effets personnels ; il est généralement introduit par un article possessif :

Il n’aime pas prêter ses affaires (il n’aime pas prêter les objets qui lui appartiennent).

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La famille lexicale du mot « Affaire » (1)

Il existe de nombreuses expressions autour du mot affaire ; elles sont toutes très fréquentes dans le français quotidien et… dans le français des affaires (ici mettre la traduction entre parenthèses) !

Lorsque le mot affaire est utilisé au singulier, il faut d’abord distinguer « faire affaire avec » de « faire l’affaire » :

Nous avons finalement fait affaire avec la société X (nous avons finalement négocié et conclu un accord avec la société X).

Si vous n’avez pas d’agrafeuse, du scotch fera l’affaire (c’est à dire qu’il conviendra).

La locution « avoir affaire à » signifie que vous avez eu une relation, un contact avec une personne en vue de négocier par exemple :

Pour négocier le renouvellement du contrat, j’ai eu affaire à l’adjoint du directeur financier.

Une affaire peut être, selon le contexte, un ennui, une situation délicate voire un scandale (pensez à l’affaire Dreyfus à la fin du XIXème siècle ou à l’affaire Gürtel par exemple), ou une opportunité (acheter un objet pour la moitié de sa valeur est donc une affaire). En cas de problème, vous pourrez d’ailleurs en faire votre affaire, c’est à dire vous en charger personnellement.

Ne soyez donc pas influencé par l’anglais, qui utilise le mot français affaire pour les relations extraconjugales : ce n’est pas du tout le cas en français (on parlerait plutôt d’une aventure, ce qui, convenons-en, est beaucoup plus romantique…).

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Les horaires de travail en France

Combien de fois les employés d’une filiale française en Espagne ont été surpris à l’heure d’appeler le siège en France ! A 18h, parfois avant, l’appel sonnait dans le vide : tout le monde était déjà parti ! Quoi ? Alors qu’en Espagne il est fréquent que les employés terminent le travail vers 20h, comment est-il possible que ces Français aient déjà plié bagages à 18h ?

C’est que les horaires de travail, en France, sont radicalement différents. Et si la loi sur les 35h a, en effet, réduit le temps de travail, elle n’a pas fondamentalement changé des choses par rapport aux 40h hebdomadaires d’avant : quand on a fait son temps, travail fini ou non, on s’arrête, et de toute façon, si on continue, on est alors automatiquement payé en heures supplémentaires. Grosse différence entre la France et l’Espagne !

Bien sûr, il faut nuancer. Alors que la journée typique d’un employé commence à 8h pour s’achever vers 17h (avec environ 1h de pause déjeuner), les cadres arrivent plutôt vers 9h et ne repartent souvent qu’à 20h (sans forcément être payés en « heures sup’ »).

Cette façon de concentrer son effort dans un laps de temps réduit est typiquement française. Pensez par exemple que la journée scolaire des enfants, qui bénéficient de deux semaines de congé tous les mois et demi, est longue et chargée. Comment faire, alors, pour être productifs dans ces conditions ? Les Français vous répondront avec fierté que leur taux de productivité est un des plus élevés au monde : c’est vrai, il faut forcément compenser !

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Parler d’argent en France

En France, certains sujets sont abordés le moins souvent possible ; pour parler franchement, ils sont même carrément tabous : c’est le cas de l’argent. En dehors des généralités d’usage sur la question, les Français ne parlent jamais d’argent, et spécialement de leur argent.

Même entre amis, même en famille, on en est réduit à imaginer, supposer ou déduire le montant du salaire d’une personne en fonction de son niveau de vie. Il est inimaginable ni qu’on puisse demander directement à quelqu’un le montant de ses revenus, ni qu’une personne vous annonce, le plus naturellement du monde, combien elle gagne par mois. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le comble de la vulgarité et du mauvais goût. Et c’est toujours « déplacé ». Les Français, en cela, sont très différents d’autres peuples (des Nord-Américains par exemple).

Pourquoi une si grande discrétion sur la question ? C’est que pour eux l’argent est souvent sale. La richesse est d’ailleurs suspecte, les « signes extérieurs de richesse » généralement méprisés ou moqués.

Au travail, c’est souvent la même chose. Vous ne connaitrez pas le salaire de vos collègues ; vous n’en parlerez d’ailleurs jamais avec eux. Tout au plus, vous supposerez, en fonction de son ancienneté, de son poste, de ses qualifications, qu’Untel gagne environ tant d’euros par mois. Ce calcul, pour « situer » l’autre, se fait presque de manière inconsciente et automatique. Tout le monde y est habitué, tous le font, si bien que cela ne gêne personne.

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